environnement, énergies renouvelables, commerce équitable

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24 juin 2008

Produire de l'énergie au fil de l'eau, l'objectif du projet HARVEST

Si la plupart des éoliennes aujourd'hui en service dans le monde utilisent des turbines horizontales de grande taille, des chercheurs du département des Sciences et Technologies de l'Information et de l'Ingénierie (ST2I) du CNRS, travaillant dans quatre laboratoires de la région Rhône-Alpes (LEGI, 3S-R, G2ELAB, LAMCOS), ont imaginé des turbines verticales, de petite taille, tournant autour de leur axe vertical perpendiculairement à l'écoulement de l'eau. Précisons que plusieurs de ces turbines sont empilées sur un même axe pour former une tour, permettant ainsi d'utiliser la hauteur d'eau disponible. Sortes d'éoliennes sous-marines, ces "hydroliennes", comme on les appelle, permettent de produire de l'énergie électrique à partir de l'énergie cinétique des courants en rivière, voire en mer.

Les avantages qu'offre l'utilisation de ces hydroliennes sont multiples. Ainsi, elles fonctionnent, quelle que soit l'orientation du courant. De plus, elles nécessitent la mise en oeuvre de structures légères qui favorisent l'exploitation rationnelle des gisements tout en limitant l'impact sur l'environnement. Autant d'avantages qui ont conduit au lancement d'un projet baptisé HARVEST (Hydroliennes à Axe de Rotation VErticale STabilisé). Labellisé par le pôle de compétitivité TENERRDIS et soutenu financièrement par l'ANR, celui-ci comporte plusieurs étapes. La première vise à achever la mise au point de la turbine verticale, actuellement en cours de développement. Au cours d'une seconde étape, courant 2009, il s'agira alors d'implanter une première tour dans un canal EDF. Enfin, une troisième étape consistera à mettre en commun plusieurs tours afin de former une "ferme" fluviale ou marine composée de plusieurs tours.

BE France numéro 211 (19/06/2008) - ADIT / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/55091.htm

30 mai 2008

Carrefour devient distributeur d'électricité verte

Depuis jeudi, Carrefour Belgique vend dans ses rayons de l'électricité verte. . Son offre d'électricité verte sera établie à partir de sources de production d'énergie renouvelables, produite à partir de sources d'énergie renouvelable, (biomasse, biogaz et surtout éloien). L'offre, actuellement en test, pourrait se voir étendue à l'hexagone en cas de succès.

"Il s'agit d'une première pour la grande distribution en Europe", a souligné Jose Maria Folache, membre du directoire du groupe Carrefour, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles. 'agit d'un projet mondial dont les prochaines étapes seront la France, l'Espagne et l'Italie", a-t-il précisé.

L'offre baptisée Carrefour Energie CoPlanet est lancée en partenariat avec le groupe belge Lampiris, un fournisseur indépendant d'électricité verte. A leur caddie habituel, les clients belges pourront donc ajouter un contrat d'abonnement en énergie 100% renouvelable avec un prix garanti sur un, deux ou trois ans. Carrefour prendra également en charge les formalités administratives avec le fournisseur habituel du client.

Selon Carrefour chaque ménage pourra ainsi épargner plus d'une tonne de CO2 par an, soit autant que le CO2 émis par une voiture roulant 6.000 kilomètres.

26 mai 2008

Bientôt un champignon pour produire des biocarburants de seconde génération à partir des végétaux

Trichoderma reesei, tel est le nom de ce champignon filamenteux, découvert durant la Seconde Guerre mondiale, dans le Pacifique Sud, où il était alors responsable de la dégradation des équipements de l'armée américaine. En effet, aucune toile de coton ne résistait à ce champignon dont le secret est de renfermer une batterie d'enzymes, des cellulases, aux propriétés catalytiques particulièrement performantes pour dégrader les végétaux. Aussi apparaît-il dans le monde entier comme La référence pour transformer la cellulose de la paroi végétale en sucres simples, ce qu'on appelle la saccharification, dont il se nourrit. Or après fermentation, ces sucres simples peuvent être facilement transformés en biocarburants, comme l'éthanol.

Aussi, afin de percer les mystères de l'incroyable activité enzymatique de ce champignon filamenteux, l'équipe de glycogénomique dirigée par Bernard Henrissat, au sein du Laboratoire Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (CNRS/Universités de la Méditerranée et de Provence), spécialisée dans l'étude des enzymes de dégradation des sucres, a-t-elle procédé au décryptage de son génome, en collaboration avec des chercheurs américains. Ces travaux, dont les résultats sont publiés en ligne sur le site de la revue Nature biotechnology, révèlent que Trichoderma reesei ne possède qu'un nombre très faible de gènes codant pour des cellulases, très inférieur à ce qui est observé habituellement chez les champignons capables de dégrader la paroi des plantes. Qui plus est, ce champignon est privé, ou ne possède qu'en très faible quantité, de nombreuses activités enzymatiques permettant habituellement la digestion de composants particuliers de cette paroi. Des limitations qui apparaissent finalement comme un aubaine, le cocktail enzymatique que recèle Trichoderma reesei se prêtant ainsi facilement à de nombreuses améliorations génétiques.

Les chercheurs vont en effet pouvoir découvrir quelles enzymes pourront être ajoutées au patrimoine génétique de ce champignon en vue d'une saccharification plus efficace pour produire du bioéthanol. Rappelons que la production de biocarburants de deuxième génération, qui ne présentent pas les contraintes des agrocarburants de première génération, élaborés à partir des céréales ou de la betterave sucrière, les industriels cherchent aujourd'hui à développer des souches de champignons capables de produire un cocktail complet de cellulases et d'hemicellulases à plus de 50 g/L. Or Trichoderma reesei semble être l'organisme de choix pour la majorité des projets dans ce domaine.

BE France numéro 210 (26/05/2008) - ADIT / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54770.htm

22 mai 2008

Des pompes à chaleur géothermiques ultra-performantes mises à l'essai

Après 4 ans de travaux, les résultats du projet européen "Groundhit" de recherche sur la géothermie superficielle ont été présentés le 5 mai 2008 à Berlin. Les activités de recherche visaient à améliorer la performance des pompes à chaleur géothermiques. Ont été conçus dans le cadre de ce projet : un prototype de sonde géothermique coaxiale et 3 modèles de pompes à chaleur testés sur des sites d'essai en Autriche, en Grèce et au Portugal.

L'association fédérale pour la géothermie (GtV-BV), partenaire allemand du projet, s'est montrée particulièrement intéressée par les résultats des tests effectués en Autriche sur une machine du fabricant français spécialisé CIAT. La pompe à chaleur testée a fait preuve d'une performance étonnante étant données les températures d'entrée élevées (80°C).

Coordonné par le centre grec pour les énergies renouvelables CRES, le projet a montré qu'il restait un grand potentiel et une marge de manoeuvre significative pour des améliorations dans le domaine de la géothermie superficielle. Les missions identifiées pour ces prochaines années : poursuivre le développement de systèmes de sondes géothermiques et imaginer d'autres domaines d'application pour la géothermie superficielle, comme le désenneigement ou l'élimination du verglas sur les voies d'accès ou sur les quais des trains.

Des informations supplémentaires sur le projet sont disponibles sur le site Internet http://www.groundhit.eu

L'initiative, lancée par des institutions et des entreprises du Portugal, de Pologne, d'Autriche, de Grèce, de France et d'Allemagne, a été financée par l'Union Européenne. La commercialisation de systèmes exploitant la géothermie superficielle a connu ces dernières années en Allemagne un taux de croissance élevé. 27.000 systèmes ont été installés en 2007. En tout, 120.000 bâtiments en Allemagne sont aujourd'hui équipés de pompes à chaleur géothermiques.

BE Allemagne numéro 386 (21/05/2008) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54718.htm

16 mai 2008

Projet allemand de construction d'une centrale à cheminée solaire de 1000 mètres de haut en Afrique

A la demande du fournisseur d'énergie namibien NamPower, des ingénieurs allemands mènent actuellement un projet de construction d'une immense centrale à cheminée solaire (ou centrale solaire aérothermique). Culminant à 1000 mètres de haut. La tour pourrait voir le jour dans quelques années à Arandis (Namibie).

La structure et le principe sont simples : la tour en béton armé est entourée à sa base par un toit de verre en forme de croix qui s'étend sur une surface gigantesque : environ 20km2. "Le soleil chauffe l'air qui se trouve sous le toit de verre. L'air chaud remonte dans la cheminée et aspire derrière lui l'air extérieur plus froid. Ce cycle fournit de l'énergie cinétique que nous souhaitons récupérer, en lui faisant actionner d'abord des ventilateurs puis des alternateurs - il n'y a pas plus simple!", explique Hans-Jürgen Niemann, concepteur de la centrale et ingénieur spécialiste de l'éolien à l'Université de Bochum (RUB). Le générateur doit fonctionner jour et nuit et délivrer une puissance de 50MW, valeur faible dans l'absolu mais qui représenterait 1/8ème de la puissance électrique totale consommée en Namibie.

Avec ce projet, c'est un défi technologique d'un genre particulier que s'est lancé l'équipe de chercheurs de la RUB, en collaboration avec des collègues de l'Université de Wuppertal et des partenaires sud-africains. Il consiste à trouver une forme donnant aux parois, relativement fines, la même résistance que si elles étaient beaucoup plus épaisses. La forme optimale est calculée à l'aide de simulations numériques. Elle lui confèrera une stabilité comparable à celle d'un roseau, fin et creux, dont la structure segmentarisée lui permet de résister aux tempêtes, même violentes.

Une fois cette forme déterminée, il faudra encore faire subir des essais en soufflerie à un modèle de la centrale, afin d'étudier son comportement dans des écoulements d'air à des altitudes très élevées. Les matériaux entrant dans la composition du rotor devront pouvoir résister à des températures élevées (jusqu'à 100°C). Par ailleurs, la gigantesque surface recouverte par l'enceinte de verre pourrait être exploitée, au moins partiellement, comme une serre pour y cultiver des fruits et légumes. Afin de concrétiser ce projet, le gouvernement de Namibie est actuellement à la recherche d'investisseurs.

Un prototype de centrale solaire aérothermique a déjà été construit en 1982 par l'ingénieur de Stuttgart Jörg Schlaich. Haut de 200m, il devait délivrer 100kW mais n'a en réalité fourni que la moitié de cette puissance. Qui plus est, la tour s'était effondrée après 3 années d'exploitation. Les mesures enregistrées sur cette période constituent néamoins une base de données expérimentales utile pour les scientifiques de Bochum.

BE Allemagne numéro 385 (15/05/2008) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54630.htm

13 mai 2008

Norvège: 13 projets d'investissement dans des parcs éoliens offshore

Treize parcs éoliens offshore sont actuellement en projet de construction en Norvège. Ceux-ci auraient une capacité de production de plus de 20 TWh d'énergie renouvelable et seraient implantés le long des côtes du Rogaland, de Sogn et Fjordane, de Møre et Romsdal, du Sør-Trøndelag et du Nordland. Neuf projets ont été soumis au Directoire Norvégien de l'Energie (NVE) pour examen et trois (Havsul I, II et IV) en sont au stade de la demande de permis. Un seul a déjà obtenu le permis de construire.

ENOVA, agence pour les économies d'énergie et la promotion des énergies renouvelables placée sous tutelle du Ministère de l'Energie et du Pétrole, a calculé que le potentiel total d'énergie éolienne offshore en Norvège serait de 14.000 Twh. "Mais il y a quelques défis à relever : il nous faut tout d'abord trouver des moyens de produire et de transporter le courant. Pour le moment, on est encore loin d'avoir la technologie nécessaire. Recherche et développement dans ce secteur sont la priorité absolue", informe le conseiller politique Geir Pollestad du Ministère de Pétrole et de l'Energie. "De plus, il faut clarifier lois et règlements qui s'appliqueront aux éoliennes offshore. On ne veut pas traiter d'importants projets avant que le cadre juridique ne soit défini mais des projets-pilote ou des projets de développement seront examinés. C'est un domaine où le gouvernement veut s'investir et nous n'allons pas freiner".

Au large de Måløy (Sogn et Fjordane), la société Vestavind Kraft projette de construire le parc offshore de Stadtvind qui pourrait produire jusqu'à 4,5 Twh et pourrait entraîner le développement économique de la région. "On a déjà une forte concentration maritime ici, depuis les chantiers traditionnels jusqu'à la technologie la plus avancée. C'est un point de départ intéressant", indique le Directeur Alfred Bjørlo de Måløy Vekst, qui cette semaine a organisé un séminaire pour les entreprises sur l'énergie éolienne offshore. Bjørlo envisage que la côte de Sogn et Fjordane, avec Måløy comme centre naturel, devienne la région pilote pour tester ce projet. "S'il y a un endroit en Norvège où on peut démarrer les tests rapidement, c'est bien ici. Les conditions sont parfaites", ajoute-t-il.

Lyse Produksjon a des projets de parcs offshore dans la région méridionale de la mer du Nord et au large de Utsira. Le directeur de la production, Arne Aamodt, est d'avis qu'il y aura une forte production énergétique d'origine éolienne dans les années à venir mais reconnaît qu'il y a encore beaucoup de questions à régler. A Utsira, Lyse prépare la phase 1, qui comprend 5 éoliennes. Celles-ci sont basées sur la technologie de la société norvégienne Sway.

Pour ce qui est de la région méridionale de la mer du Nord, NVE n'a pas encore commencé l'examen des dossiers. Le plan prévoit cependant que ce parc, une fois terminé, puisse produire 4,5 TWh.

StatoilHydro a des projets-pilote de construction d'éoliennes offshore (Hywind demo) au large de Karmøy au Rogaland. Cela comprend une turbine d'une puissance allant jusqu'à 3 MW, installée sur une structure flottante ancrée au fond de la mer. La décision d'investissement sera probablement prise dans des 6 prochains mois.

BE Norvège numéro 79 (9/05/2008) - Ambassade de France en Norvège / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54569.htm

5 mai 2008

Allemagne: Les centrales solaires à collecteurs de Fresnel sur la voie de la commercialisation

Une des premières grosses centrales solaires de démonstration à collecteurs de Fresnel doit être mise en service en juillet 2008 près de Murcia (sud de l'Espagne). C'est ce qu'ont annoncé l'entreprise Novatec Biosol AG, développeur allemand spécialiste du thermosolaire à concentration, et son partenaire industriel international M+W Zander, à l'occasion de la foire technologique de Hanovre qui s'est tenue du 21 au 25 avril 2008.

D'une puissance de 2 MW et d'une hauteur de 5,4 m, la centrale en cours de construction comprendra 18.000 m2 de miroirs plans rotatifs en verre. "Après avoir testé la technologie depuis 2006 sur un champ d'essai de 200 m2, nous voulons maintenant démontrer qu'elle peut également fonctionner à plus grande échelle, de manière quotidienne et routinière, sans occasionner des coûts de maintenance élevés", commente Günter Schneider, porte-parole de M+Z Zander.

Les 8 rangées parallèles de miroirs sont disposées de part et d'autre de l'axe d'un tube thermique ("receiver") situé au-dessus d'eux, et sont orientées de manière à réfléchir et concentrer les rayons du soleil sur ce tube. Sous l'effet de la chaleur, l'eau qui circule dans le "receiver" est vaporisée. Puis, comme dans toute centrale thermique classique, la vapeur engendrée est conduite vers une turbine conventionnelle qu'elle entraîne, produisant ainsi de l'électricité. La chaleur d'échappement de la turbine peut être utilisée pour le dessalement de l'eau de mer.

Pour Novatec Biosol AG, le principe des collecteurs de Fresnel et la simplicité apportée par l'utilisation de miroirs plans fait de cette option technologique une voie moins coûteuse, plus prometteuse que celle, plus classique, des miroirs cylindro-paraboliques.

La jeune entreprise Novatec Biosol AG mène actuellement des demandes d'autorisation en Espagne pour de nombreux projets de construction de centrales solaires à collecteurs de Fresnel. D'ici 2011, le développeur souhaite avoir installé plus de 200 MW de capacité.

BE Allemagne numéro 383 (30/04/2008) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54429.htm

30 avril 2008

Pays-Bas: un quartier de La Haye se chauffe à l'eau de mer

En avril, l'eau de la Mer du Nord permettra de réchauffer 789 nouveaux logements du quartier Duindorp à Scheveningen (La Haye). La commune de La Haye a autorisé la construction d'une chaufferie nécessaire au pompage et au réchauffement de l'eau salée.

L'eau de mer, dont la température oscille entre 0 et 4 °C en hiver, est pompée vers la chaufferie où elle est séparée du sable et des déchets pour ensuite être chauffée à 11 °C par une pompe à chaleur. Une fois acheminée aux habitations, une nouvelle pompe permet d'atteindre la température de 65 °C. Une température initiale de 11°C est nécessaire pour que les pompes à chaleur des logements soient opérationnelles. Leur rendement énergétique est de 1500% : 1 kWh d'électricité produit 15 kWh de chaleur.

Le système permet une grande économie d'énergie et réduit de 50% les rejets en CO2 par rapport à une chaudière traditionnelle fonctionnant au gaz naturel. Pour éviter toute corrosion, les pompes et les échangeurs de chaleur sont fabriqués en titanium et les conduits en plastique. Les pompes à eau sont désactivées par le système lorsque la température de l'eau de mer dépasse les 11 °C pendant une longue période de l'année. L'eau fournit alors directement de la chaleur au réseau grâce à un échangeur. Les logements concernés ne sont pas raccordés au réseau de gaz naturel, mais le système est doublé afin d'éviter les pannes de longue durée ; les éléments électriques des pompes à chaleur prennent le relais dans ce cas.

La dépense en chauffage engendrée par ce système n'est pas plus élevée que celle du gaz naturel. Le coût de son installation est de d'environ trois millions d'euros. Par ailleurs l'installation de deux grandes éoliennes est prévue dans le but de rendre le système neutre en émission de CO2.

BE Pays-Bas numéro 28 (28/04/2008) - Ambassade de France aux Pays-Bas / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54369.htm

24 avril 2008

Allemagne: les piles à combustible portables sur la voie de la certification

L'Institut Fraunhofer de recherche sur les systèmes énergétiques solaires (ISE) et l'Association allemande de l'électrotechnique, l'électronique, et les technologies de l'information (VDE) ont signé un "mémorandum d'accord" (MoU) pour une coopération dans le domaine de la certification de systèmes de piles à combustible (PAC) pour applications portables et mobiles.

"Notre souhait, c'est d'assurer la qualité des systèmes de micropiles à combustible selon des critères internationaux, avant leur mise sur le marché", explique Dr. Christopher Hebling, Chef de département à l'ISE. L'idée que la mise en place de normes unifiées à l'échelle internationale s'averrait avantageuse aussi bien pour les fabricants que pour les clients, s'impose de plus en plus.

Depuis 10 ans, l'ISE mène des travaux de recherche et développement sur les systèmes de PAC à membranes dans un domaine de puissance allant du mW à plusieurs centaines de Watts. Les PAC présentent des qualités indiscutables : ce sont des convertisseurs d'énergie efficaces, respectueux de l'environnement, peu bruyants et nécessitant peu d'entretien. Elles pourraient bientôt s'imposer sur le marché en pleine croissance des appareils électroniques comme sources d'alimentation pour les ordinateurs et téléphone portables, les réseaux de capteurs ou encore pour la gestion logistique des marchandises. Les PAC présentent également des avantages intéressants pour d'autres applications mobiles de petite taille comme les vélos électriques ou les véhicules pour handicapés. Elles constituent aussi une option technologique pour les systèmes stationnaires de production ininterrompue d'énergie : ces appareils silencieux et sans émission de polluants pourraient remplacer des générateurs bruyants.

Le potentiel des PAC est énorme : elles pourraient remplacer une partie des 90 millions d'accumulateurs et un milliard de batteries vendus chaque année en Allemagne.

BE Allemagne numéro 382 (23/04/2008) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54286.htm

19 avril 2008

Réparer la planète : la révolution de l'économie positive

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Depuis l’an 2000, Anne Gouyon, Maximilien Rouer et la société BeCitizen, qu’ils ont monté ensemble, repèrent dans le monde entier, les innovations technologiques et économiques, les initiatives locales ou nationales qui manifestent que l’avenir qui nous menace n’est pas inéluctable.Ils ont travaillé avec des dizaines de chefs d’entreprises, des responsables de régions qui créent des emplois produisant de l’énergie renouvelable, en dépolluant les sols et les eaux, en stockant du carbone, en reverdissant les déserts.

Ces réussites permettent de dessiner les contours de l’Economie Positive. Une économie sobre, efficace, qui s’appuie sur des technologies économes en matière et en énergie. Une économie circulaire, qui réutilise et recycle, où les déchets de l’un deviennent des matières premières de l’autre.

En 360 pages illustrées de dizaines d’exemples d’entreprises du monde entier, ce livre présente les grands enjeux d’aujourd’hui : par quelles techniques retrouver un climat stable, renouveler les sources d’énergie, les ressources naturelles. A travers des encadrés souvent provocants, il présente l’état des connaissances scientifiques et surtout des solutions pratiques, car elles existent. Il ne tient qu’à nous de les mettre en œuvre.

2 avril 2008

L'Europe lance un fonds pour la lutte contre le changement climatique

La Commission européenne a annoncé la semaine dernière la création Fonds mondial pour la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables (Geeref) qui sera doté de 80 millions d'euros sur les quatre prochaines années. Cette initiative entre dans le cadre de la politique européenne visant à lutter contre le changement climatique.

"Les pays en développement doivent avoir accès à une énergie non polluante à un prix abordable: c'est un préalable au développement durable. Ce Fonds favorisera les investissements privés et deviendra une véritable source de développement durable, en particulier pour l'Afrique", ont expliqué dans un communiqué commun les commissaires au Développement, Louis Michel, et à l'Environnement, Stavros Dimas.

Le fonds de capital-risque doit permettre de mobiliser des financements privés pour de petis projets liés à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, a précisé la Commission.

Ce Fonds est la première initiative concrète dérivant de "l'initiative européenne en faveur d'une énergie propre et renouvelable, de l'efficacité énergétique et de la lutte contre le changement climatique dans le cadre du développement". Par ce Fonds, la Commission donne suite à ses engagements de lutter contre le changement climatique et de transférer les technologies propres vers les pays en développement.

29 mars 2008

L'INES met à disposition un logiciel de calcul simplifié de systèmes solaires combinés

Les activités d'expertise et de retour d'expérience d'INES EDUCATION l'ont conduit à repérer parmi les défauts courants des systèmes solaires combinés (SSC), des erreurs de dimensionnement du fait de raisonnements trop empiriques ou de l'utilisation inadaptée de certains logiciels.

Afin de mettre à disposition des professionnels un outil " garde-fous ", le logiciel CassSc a été développé à partir :
- des algorithmes du DPE (Diagnostic de Performance Energétique), pour le calcul des besoins de chauffage et des consommations de l'installation initiale
- de la méthode FSC développée dans le cadre du groupe 26 ("Solar Combisystems") du programme "Solar Heating and Cooling" de l'Agence Internationale de l'Energie, pour le calcul de l'économie apportée par le SSC.

Il permet :
- de donner un moyen rapide de calculer les performances prévisionnelles d'un système solaire combiné en termes d'énergie économisée par rapport à une solution non solaire.
- de guider le concepteur pour choisir une taille d'installation (surface des capteurs solaires) en cohérence avec les besoins de chauffage et d'eau chaude sanitaire.

Ce travail a été réalisé par la société INCUB sous la conduite de Thomas LETZ, responsable du pôle Expertise d'INES EDUCATION, et financé par l'ADEME avec l'aide de la Région Rhône Alpes et du Conseil Général de la Savoie.

27 mars 2008

La future loi allemande de promotion des énergies renouvelables se heurte à l'opposition des professionnels du secteur

La future politique fédérale de soutien aux énergies renouvelables (EnR) fait l'objet de vives critiques de la part des diverses associations allemandes du secteur. La nouvelle version de la loi de promotion des EnR (ou loi EEG), proposée par le gouvernement allemand, est en cours de discussion au parlement fédéral et doit entrer en vigueur en janvier 2009. Au dire des associations, le projet de loi, dans son état actuel, ne prend pas suffisamment en compte les augmentations de prix de diverses matières premières qui affectent la branche depuis plusieurs années. Cette évolution des prix avait débuté en 2004, peu de temps après la dernière révision de la loi EEG. D'après Dietmar Schütz, Président de l'association nationale pour les EnR (BEE), la réalisation de l'objectif EnR européen pour 2020 nécessite de donner une nouvelle impulsion au développement du secteur, ce à quoi ne parviendra pas la nouvelle loi EEG.

"Entre 2003 et début 2007, les prix accrus du fer et du cuivre ont été responsables d'une hausse de 7% des coûts des projets éoliens. Dans le même temps, les tarifs EEG de rachat de l'électricité produite ont été abaissés de près de 10%", constate Wolfgang von Geldern, directeur d'une association d'exploitants de parcs éoliens (WVW). La dégression tarifaire est, a priori, une mesure positive : elle vise à encourager le secteur à innover pour compenser la perte de gain - générée par la baisse de rémunération - en améliorant le rendement des machines. Mais, selon les professionnels du secteur, l'innovation ne suffit plus à remplir ce rôle. Une étude commandée par le gouvernement fédéral signale d'ailleurs que la construction de nouveaux parcs éoliens sur le sol allemand pourrait s'avérer non rentable économiquement dès 2010.

Selon la WVW, il faudrait rehausser le tarif de rachat de départ prévu (valable les 5 premières années) à 9,5 ct/kWh (contre 7,95ct/kWh prévus par la version débattue) et suspendre la dégression annuelle pendant les prochaines années.

BE Allemagne numéro 378 (27/03/2008) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53699.htm

19 mars 2008

Portugal: démarrage de la plus grande centrale solaire au monde

La plus grande centrale solaire au monde avec ses 262.000 panneaux photovoltaïques et une puissance totale installée de 46,41 MW, commencera à produire de l'électricité ce mois-ci. L'installation devrait atteindre sa pleine capacité d'ici la fin de l'année.

La centrale d'Amareleja, le village le plus chaud du Portugal, est l'oeuvre de la société Amper Central Solar, une filiale du groupe espagnol Acciona, qui a investi sur ce projet 237,6 millions d’euros.

2.520 modules de 104 panneaux chacun ont été installés sur 250 hectares. Les panneaux photovoltaïques ont été fournis par le groupe chinois Yingli, seul à même de fournir une telle quantité dans les délais. Dotés d'un mécanisme de suivi du soleil sans équivalent, ils pourront suivre le soleil et capter les rayons lumineux durant toute la journée.

Dans une première phase, 2,5 MW seront installés avec une montée en régime jusqu'à la fin de l'année quand la centrale sera dotée de sa pleine puissance et pourra produire 93 GWh/an, de quoi approvisionner 30.000 foyers.

La puissance installée de la centrale solaire d'Amareleja en fera de loin la plus grande installation solaire au monde, ravissant le titre à la centrale de Serpa et ses 11 MW.

18 mars 2008

Belgique: une centrale alimentée au jatropha

Thenergo, un des leaders du marché en matière d'énergies renouvelables et de cogénération, a annoncé avoir lancé la construction d'une unité de cogénération alimentée par des biocarburants.

La centrale sera construite à Merksplas en Belgique et atteindra un taux d'activité pouvant aller jusqu'à 8 000 heures par an tout en générant 6 MW de chaleur pour des partenaires industriels et 9 MW d'électricité pour un équivalent de 20 000 ménages.

Le projet, baptisé Greenpower, et représentant un investissement total de 11 millions d'euros devrait être opérationnel dès février 2009. Greenpower est une joint-venture entre Thenergo, actionnaire majoritaire et exploitant de la centrale, et les familles Quirynen et Dielis.

Greenpower sera alimenté par un biocarburant produit à partir d'huile extraite de graines de Jatropha. Ces graines ont un contenu énergétique très élevé et sont cultivées sur des sols semi-arides dans le sud-est asiatique. Depuis cinq ans, Leysen NV, une société du groupe Thenergo, explore le potentiel du Jatropha comme source d'énergie renouvelable. Les recherches portent sur toutes les étapes allant de la culture à la logistique et ce afin de garantir une perte minimale d'énergie consommée au cours de la production et du transport.

15 mars 2008

Delhaize, le groupe de distribution belge, se met au vert

Delhaize Belgique est passé entièrement aux énergies renouvelables pour ses magasins, ses entrepôts et ses services centraux en Belgique. Début 2008, les magasins en Allemagne et en France (Tom & Co) ont à leur tour opté pour les énergies renouvelables. Bilan pour le climat: une économie de plus de 114 000 tonnes de CO2 chaque année !

Cette décision fait de Delhaize le premier client européen d'AlpEnergie, la filiale électricité verte d'Electrabel. L'électricité provient de 19 centrales hydroélectriques de la Compagnie Nationale du Rhône, dans les Alpes françaises. Un certificat du bureau indépendant TÜV garantit au groupe qu'il s'agit effectivement d'énergie renouvelable.

Delhaize s'investit également dans l’énergie renouvelable qu’elle génère elle-même à l'instar de la rénovation du supermarché Delhaize Gent Ster ou seront installés des panneaux solaires photovoltaïques qui produiront en moyenne 4000 kW/h par an.

On notera que le distributeur belge est engagé en outre depuis plusieurs années dans le domaine du développement durable en proposant des produits du commerce équitable à ses clients. L’entreprise participe activement à des actions de sensibilisation au commerce équitable menées par des associations actives dans ce domaine.

14 mars 2008

Etats-Unis: des cellules photovoltaïques "Arc en Ciel" pour un meilleur rendement

A l'University of Notre Dame, Indiana, un groupe de chercheurs dirigé par Dr Prashant V. Kamat a mis au point des cellules photovoltaïques en combinant des quantum dots semiconducteurs de différentes tailles et des nanotubes de TiO2 à la place des semiconducteurs classiquement utilisés, les rendant beaucoup plus efficaces. L'étude, soutenue par l'Office of Basic Energy Sciences du Department of Energy est publiée dans le Journal of the American Chemical Society.













Les scientifiques utilisent ces quantum dots de Cadmium Selenide (CdSe) semiconducteurs plutôt que d'autres matériaux car ils présentent l'unique avantage d'absorber certaines longueurs d'ondes de la lumière, en fonction de leur taille : les quantum dots plus petits vont absorber des longueurs d'ondes plus courtes, les plus grands vont en absorber de plus longues. En combinant plusieurs types de Quantum dots de CdSe, les chercheurs peuvent donc créer des cellules photosensibles qui absorbent un plus grand spectre de lumière et sont par là même plus efficaces. L'équipe a arrangé ces quantum dots en motif ordonné sur la surface d'un film d'épaisseur nanométrique, et y ont intégré des nanotubes de dioxyde de Titane (TiO2). Les quantum dots absorbent les photons et produisent des électrons qui sont alors transportés par les nanotubes et collectés par une électrode, produisant ainsi le photocourant.

Outre l'absorption de longueurs d'onde particulières, les chercheurs ont remarqué que la taille des quantum dots a une influence sur la performance, en faisant l'expérience avec quatre types de ces nanoparticules (entre 2,3 et 3,7 nm de diamètre, elles présentent des pics d'absorption à des longueurs d'onde situées entre 505 et 580 nm). Les plus petits quantum dots peuvent convertir plus rapidement les photons en électrons, quand les plus larges absorbent un plus grand pourcentage de photons. Les quantum dots de 3nm de diamètre offrent le meilleur compromis. Après le développement de la première cellule photovoltaïque composée de différents types de quantum dots, les chercheurs prévoient pour les prochaines étapes de leur recherche de créer des cellules "arc en ciel", en superposant des couches de quantum dots en fonction de leur taille : sur la couche externe, les plus petits absorbent le bleu, et la lumière rouge (longueur d'onde plus grande) passe à travers cette couche pour atteindre la couche interne composée des quantum dots les plus larges qui absorbent le rouge, créant ainsi un gradient d'absorption "arc en ciel", tout en combinant les effets de conversion rapide des petits quantum dots et de taux d'absorption important des quantum dots plus larges.

Les cellules photosensibles actuelles en silicium ont une efficacité de 15 à 20%, le reste est perdu en chaleur. Kamat prévoit une efficacité plus importante avec ces nouveaux types de cellules photovoltaïques "arc en ciel", qui pourrait facilement dépasser les 30%.

BE Etats-Unis numéro 115 (14/03/2008) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53560.htm

12 mars 2008

Turquie: un pas en avant vers la production d'hydrogène "propre"

La pile à combustible, qui est au centre de nombreuses recherches dans le domaine des énergies renouvelables, nécessite la production d'hydrogène gazeux. Le gaz naturel, et en particulier le méthane, est pour l'instant la matière première la plus efficace pour produire de l'hydrogène. Les procédés courants actuels, comme le reformage ou l'oxydation partielle, présentent le désavantage de produire du dioxyde et du monoxyde de carbone. Le craquage (procédé permettant de casser les molécules dans des conditions de température et de pression particulières) est une des alternatives possibles pour la production "propre" d'hydrogène, sans production d'oxydes de carbone. De plus, le mélange méthane-hydrogène peut également servir à rendre la combustion plus efficace dans les moteurs, qui relâchent alors moins de gaz toxiques.

Une équipe turque de l'Université Hacettepe (Ankara), en collaboration avec une équipe canadienne, propose une amélioration du procédé de craquage sur catalyseur nickel/alumine. Ce dernier est habituellement "empoisonné" par le carbone solide qui se forme au court de la réaction, ce qui limite fortement le rendement. On tentait jusqu'ici de transformer à nouveau le carbone en gaz, mais ce procédé aboutissait jusqu'à présent à une perte d'activité du catalyseur.

Les chercheurs turcs et canadiens ont démontré qu'une régénération partielle du carbone en méthane en présence d'air permettait de s'affranchir de cette désactivation du catalyseur. Ils ont également étudié l'influence de divers facteurs (pourcentage de nickel, réduction préalable du catalyseur, température de réaction, quantité de carbone gazéifié) sur l'efficacité du procédé.

BE Turquie numéro 7 (11/03/2008) - Ambassade de France en Turquie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53460.htm

7 mars 2008

GDF rachète Nass & Wind et va créer sa filiale énergies renouvelables

Le groupe gazier français GDF a annoncé mardi le rachat de la société d'éoliennes Nass and Wind Technologie et la création d'une filiale dédiée aux énergies renouvelables "GDF Futures Energies", selon un communiqué.

Nass and Wind est un producteur d'électricité qui développe des parcs éoliens pour son compte et le compte de tiers en France, avec un point d'ancrage en Bretagne.

Il exploite une capacité installée de 34 mégawatts, et dispose d'une autorisation de construction de 150 MW à court terme et d'un portefeuille de projets d'environ 1.500 MW, indique GDF.

Cette acquisition confirme la volonté de GDF de se développer dans la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables, en particulier l'éolien. Gaz de France possède d'ores et déjà le parc éolien installé le plus important en France, avec une capacité de près de 145 MW début 2008.

Afin de donner plus de visibilité à ses précédentes acquiqsitions,une filiale dédiée, "GDF Futures Energies" va être créée pour rassembler l'ensemble des filiales et participations de GDF dans le domaine de la production d'electricité à partir de l'éolien: Maïa Eolis, Erelia, Eoliennes de la Haute-Lys et Nass and Wind Technologie.

Elle aura pour mission gérer le portefeuille d'actifs de GDF dans la production d'énergie verte, dans l'éolien mais aussi dans le solaire, d'assurer la maintenance de ces installations et de mettre en synergie les compétences industrielles du groupe dans ce domaine.

3 mars 2008

Une bonne année pour les énergies renouvelables ? Opportunités et prédictions pour l'année 2008

Face au réchauffement climatique et à des problématiques environnementales de plus en plus fortes, la demande pour la recherche de solutions "vertes" s'accroît. Pour les capitaux risqueurs, le secteur des énergies vertes est un secteur à fort potentiel et en pleine expansion. L'année 2008 devrait donc offrir de belles opportunités dans le secteur des énergies renouvelables. Divers rapports émettent des prédictions et précisent quelles seront les tendances fortes de l'année 2008.

Aux Etats-Unis, selon le DoE, (Département of Energy), l'utilisation et le développement de nouvelles technologies pourrait réduire de 50% le coût généré par la consommation d'énergie. La création de nouveaux bâtiments "intelligents" capables d'auto-contrôler l'éclairage et de réguler la consommation d'énergie devrait continuer à progresser. La construction de ce type d'infrastructure est complexe car elle implique un grand nombre d'acteurs et concerne différentes technologies. Des solutions telles que les LEDs (diodes électroluminescentes), plus intelligentes, plus efficaces et moins polluantes vont continuer à se développer.

Le marché du Carbone est lui aussi en pleine expansion. Les contraintes d'un développement durable pour la planète encouragent le développement d'échanges financiers liés aux émissions de gaz à effet de serre. Ce marché permet aux pays ayant épargné des unités d'émissions - des émissions permises mais non "utilisées"- de vendre cet excès aux pays ayant dépassé leurs objectifs d'émissions. Par ce système, les compagnies achètent leur droit de polluer. De tels échanges sont appelés à avoir des impacts, à plus ou moins long terme, sur les choix d'aménagement du territoire, sur les modes de production et de consommation des Etats, des entreprises, des collectivités, des particuliers : localisation des ressources énergétiques, modes de transport, etc.

Les biocarburants devraient attirer l'attention d'un plus grand nombre d'investisseurs. Face à un marché de plus en plus concurrentiel, à la croissance du prix du maïs et du sucre d'où l'éthanol est produit, le développement de nouveaux biocarburants est nécessaire. Aux Etats-Unis, la demande croissante pour les biocarburants pose le problème de la durabilité de leur production. Actuellement les Etats-Unis utilisent 529 millions de litres de gazole par an et on estime que le maïs ne pourrait fournir que 56 millions de litres. Des initiatives se mettent en place pour développer des biocarburants durables. Le DoE a estimé qu'1,3 million de gallons de déchets non issus du grain, pourraient être utilisés pour produire de l'Ethanol [1]. Pour sa fabrication d'autres matières que le grain sont exploitables telles que le papier, le bois, les déchets. Le gouvernement devrait aider à la recherche d'autres matières premières, l'optimisation des procédés, le développement et le transfert de technologies ainsi que la promotion des investissements.

D'autres opportunités se dessinent autour de différentes problématiques industrielles, énergétiques et économiques. Parmi ces problématiques, le transport et la distribution de l'électricité aux Etats-Unis. Il s'agit en effet, d'un secteur sous-financé, le DoE estime que 9% de la production électrique se perd en distribution entre le moment où l'électricité est produite et son utilisation par le consommateur. Ce problème non résolu laisse place à d'importantes opportunités dans la recherche de solutions.

En 2008, il devient de plus en plus évident que le marché des énergies renouvelables sera l'un des marchés les plus prédominant. Pour les capitaux risqueurs, il s'agit d'investissements lourds et prévus sur du long terme. Cependant, des facteurs tels que l'émergence de nouvelles technologies compétitives, la mise en place et l'orientation de nouvelles mesures gouvernementales (taxes, aides financières) et la façon dont le gouvernement souhaitera réguler la consommation d'énergie pourront confirmer ou remettre en cause les prédictions sur les énergies renouvelables les plus prometteuses.

BE Etats-Unis numéro 113 (29/02/2008) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53325.htm