environnement, énergies renouvelables, commerce équitable

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11 mai 2008

Moins de résidus de pesticides relevés dans les fruits et légumes en 2006

La DGCCRF réalise chaque années plusieurs plans de surveillance et de contrôle pour vérifier le respect de la réglementation relative aux résidus de pesticides dans les produits d'origine végétale.

Le programme 2006 a conduit à l'analyse de 4 749 échantillons de fruits et légumes frais ou transformés, de céréales et de produits végétaux bio mis sur le marché français, dont 3 468 dans le cadre du plan de surveillance. La répartition des échantillons selon leur origine est la suivante : 70 % sont d'origine française, 16,1 % ont pour origine l'Union européenne et 13,9% sont importés de pays tiers. Les analyses permettent de rechercher et de doser 279 matières actives. Les molécules les plus souvent retrouvées sont des insecticides et des fongicides.

Le plan de surveillance a porté sur 3 925 échantillons

S'agissant des résultats du plan de surveillance des fruits et légumes (3468 échantillons incluant 49 échantillons de thés, d’infusions, d’épices et de plantes à sucre), 55,6 % des échantillons ne contiennent pas de résidus. Des teneurs inférieures à la limite maximale de résidus (LMR) ont été détectées pour 38,4 % des échantillons. 94 % des fruits et légumes analysés respectent donc la réglementation. Les LMR ont été dépassées dans 6 % des cas (3% en ne considérant que les dépassements des LMR communautaires).

Parmi les légumes, 65,2 % ne contiennent pas de résidus et en moyenne 6,3 % sont non conformes. Les dépassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les lentilles et les aubergines. A l'inverse, les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne (en ne considérant que les légumes pour lesquels le nombre d'échantillons analysés est représentatif).

Quant aux fruits, 35,9 % ne contiennent pas de résidus et en moyenne 5,5 % sont non conformes. Les dépassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines, les poires. A l'inverse, les oranges, les avocats et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne (en ne considérant que les fruits pour lesquels le nombre d'échantillons analysés est représentatif).

Les contrôles de la production biologique (de fruits et légumes) ont porté sur 282 échantillons, avec un taux de non conformité de 1,42 % (0% en ne considérant que les dépassements des LMR communautaires).

Enfin, aucune non conformité n’a été décelée sur les 49 échantillons de thés, d’infusions, d’épices et de plantes à sucre.

Les céréales et les produits céréaliers présentent 0,4 % de non conformités sur 255 échantillons.

Concernant les produits transformés, sur 202 échantillons prélevés 1,48 % sont non conformes.
Le plan de contrôle a été principalement orienté sur les carottes, les endives, les fruits rouges, les poireaux, les salades et les tomates. Il a porté également sur les non-conformités résultant des alertes communautaires ; à ce titre, 824 échantillons ont été prélevés : 10,4 % des échantillons ont dépassé les LMR.

30 avril 2008

Japon: des "nouilles écologiques"

Acecook, grand fabricant de nouilles instantanées, a lancé pour commémorer le 60e anniversaire de l'entreprise ses 1ères nouilles "écologiques" dont l'emballage est 100% biodégradable et fait à partir de biomasse.

Les matériaux utilisés sont de l'amidon végétal, du PLA (acide polylactique) et du polyester dégradé. La particularité du produit est que tout l'emballage est biodégradable, aussi bien le récipient contenant les nouilles que les films qui conditionnent la sauce et les épices. Lorsque l'emballage est enfoui sous terre, il peut être entièrement bio-dégradé en 24 mois. Acecook présentera son produit au sommet du G8 à Toyako cet été. L'entreprise lance également une campagne auprès des collégiens, leur proposant de mettre une plante verte dans le récipient biodégradable qui sert ainsi de pot au début mais qui est ensuite dégradé progressivement en terre.

Cup Noodle, autre grande entreprise commercialisant des nouilles instantanées, propose également des nouveaux produits plus écologiques. Une gamme "rechargeable" a été lancée, afin que le consommateur réutilise toujours le même récipient et que seul l'aliment soit acheté sous forme de recharge jetable. La marque propose même des récipients personnalisables (couleurs, dessins etc.) Pour les consommateurs qui préfèrent la solution 100% jetable, le "cup noodle" sera disponible dans un emballage en papier, réduisant ainsi l'impact environnemental du produit.

Il faut savoir que plus de 54 milliards d'unités de nouilles instantanées sont consommées par an au Japon (chiffre de 2006). Le marché des "nouilles écologiques" n'est donc pas à négliger.

BE Japon numéro 480 (28/04/2008) - Ambassade de France au Japon / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54361.htm

21 avril 2008

le "Label bleu": un éco-label pour une pêche durable et responsable dans 3 ans ?

L’Ofimer (Office interprofessionnel de la mer) par la voie de son directeur Michel Peltier, a annoncé son intention de créer un éco-label national pour certifier les espèces pêchées de façon « durable et responsable ».

En réponse à une demande du secteur, une étude de l’Ofimer a présenté les différentes démarches existantes et synthétisé les résultats de la consultation professionnelle sur les conditions d'écolabellisation des pêcheries françaises. Au final, le projet d'un éco-label, qui pourrait prendre le nom de “Label Bleu”, a été décidé mais sa mise en place ne se fera pas avant trois ans, le temps que les espèces de poissons et les pratiques de pêche soient certifiés par des organismes indépendants.

Au niveau mondial, la FAO a établi une définition d'un label international et édité des lignes directrices définissant la "pêche durable". Il est géré par un organisme indépendant, le Marine Stewardship Council (MSC) et a été établi avec des scientifiques, des pêcheurs et des organisations écologiques.

Le “Label Bleu”devrait reprendre les critères édictés par le MSC: ressource abandondante, pêche dans le respect de l’environnment et dans des conditions de sécurité optimum pour les pêcheurs. Le Label Bleu portera en plus une attention particulière sur le circuit de commercialisation du poisson (avec notamment la distance parcourue entre le lieu de pêche et l'étal du poissonnier).

Parmi les 10 espèces dont la certification est envisagée pourraient figurer les bars, les langoustines, la lotte, la sole ou le cabillaud.

A lire: "Consommer responsable " de Pascal Canfin

Se nourrir sans risque et sans contribuer à polluer les sols, se chauffer sans aggraver l'effet de serre, acheter des meubles de bois sans participer à la disparition des forêts tropicales... notre consommation peut contribuer à sauvegarder la Planète, dans le respect de ceux qui produisent. De plus, l'enquête menée pour cet ouvrage a prouvé que l'offre équitable, bio et écologique est de plus en plus diversifiée, qualitative, facile d'accès et plébiscitée par les consommateurs. Consommer responsable vous propose : L'information nécessaire pour distinguer un produit bio, équitable ou écologique d'un autre qui en a seulement l'apparence avec l'analyse des garanties offertes par les labels (AB, Max Havelaar...), les marques (Alter Eco, Biocoop...), les organismes et labels de l'écotourisme, les véhicules proposés par les grandes marques... Pour chaque type de produit, un répertoire d'adresses classées par régions : boutiques d'alimentation et de vêtements équitables, chaînes de magasins et boutiques bio, organismes livrant des produits frais (AMAP, Campanier...), bars et restaurants bio et équitables... Les principaux sites Internet spécialisés dans le commerce équitable, les produits bio, les cosmétiques bio, le covoiturage ou l'autopartage... des conseils pour s'orienter vers les produits permettant de rendre son habitat plus écologique ou pour installer une énergie renouvelable, et le point sur les différentes aides et subventions. L'analyse des perspectives et garanties offertes par les principaux produits financiers solidaires, ainsi qu'une sélection d'organismes qui en proposent.

30 janvier 2008

La grande distribution s'engage pour une consommation plus durable

La fédération du commerce et de la distribution (FCD) a signé ce mardi 29 janvier avec le gouvernement une convention, élaborée dans le cadre du Grenelle de l'environnement, dans laquelle elle s'engage à réduire les emballages, promouvoir les éco-labels, à augmenter la part des produits bio dans l'alimentaire, réduire la consommation énergétique (sur le modèle du Super U de Thouars), recourir aux modes de transports alternatifs (à l'exemple de Monoprix) . Cette convention prévoit aussi d'expérimenter un système qui permettra aux clients de savoir quelle quantité de CO2 a servi à produire ce qu'il achète (sur le modèle de l'éco-étiquette de Casino).

Les objectifs visés (mais non contraignants) sont notamment un doublement des produits «éco-label» d'ici à trois ans et une croissance d'au moins 15% par an de la part des produits issus de l'agriculture biologique dans les ventes alimentaires.

25 janvier 2008

L'Allemagne étiquette les aliments "sans OGM"

Le gouvernement allemand vient d’autoriser les étiquettes "sans OGM" (en plus de l’étiquetage obligatoire des aliments qui en contiennent) afin d’informer les consommateurs qui veulent acheter, par exemple, des produits laitiers (lait, fromages) et de la viande issus d’animaux qui ne sont pas nourris avec du maïs ou du soja OGM. L’étiquetage « Sans OGM » répondra aux mêmes critères que ceux en vigueur pour les produits biologiques.

Cette décision dont le but est la protection des consommateurs a été prise après concertation entre représentants des groupes parlementaires et du ministère a précisé le secrétaire d'Etat au ministère de l'Agriculture, Gert Lindemann.

5 janvier 2008

Auchan cesse la commercialisation du thon rouge

Auchan a annoncé sa décision de stopper la vente du thon rouge dans ses hypermarchés en France en raison des graves menaces de disparition pesant sur cette espèce, selon communiqué du 28 décembre dernier.

Il est également précisé que la décision prend effet dès le 28/12 et sera appliquée aussi dans les autres enseignes du groupe, ATAC et Simply Market.

"Ces enseignes seront les premières en France à prendre cette mesure qui sera maintenue jusqu'à l'éventuelle mise en place d'une pêche durable ne menaçant pas la survie de l'espèce", a ajouté Auchan, qui revendique 13,8% de parts de marché du poisson en France.

Cette nouvelle décision complète les engagements déjà pris par le groupe en 2006 pour la préservation de la ressource halieutique, à savoir :
- proposer certaines espèces (sole, turbot, barbue, plie, limande sole et limande franche...)
avec une taille supérieure à la règlementation européenne afin d'atteindre, voire dépasser
celle nécessaire à la reproduction,
- ne plus commercialiser de bar sauvage capturé pendant les périodes de reproduction (de
décembre à mars),
- s'engager pour des produits “filières” truite et saumon de très haute qualité, apportant des
garanties en termes de nutrition, de sécurité alimentaire, de respect de l'animal et de
l'environnement,
- encourager la consommation des productions durables, par exemple des huîtres et moules
majoritairement produites sur les côtes françaises, dans le respect des traditions et du milieu
marin,
- promouvoir de nouvelles espèces à faible empreinte écologique, par exemple le tilapia
originaire du Brésil qui garantit également une juste rémunération aux producteurs,
- communiquer de façon pédagogique auprès des clients afin de les inciter à consommer plus
“durable”,
- ne vendre que du poisson frais à l’étal pour garantir la qualité optimale aux consommateurs.

9 décembre 2007

Japon: un film plastique rapidement biodégradable

Le Osaka Municipal Technical Research Center a mis au point, conjointement avec des fabricants d'emballage, un film plastique transparent en acide polylactique (PLA) qui se dégrade rapidement lorsqu'il est enfoui sous terre. Ce plastique, chauffé préalablement au four micro-onde par exemple, se décompose en moins d'un an sous terre.

Le PLA est un polymère qui peut être dégradé par l'oxygène produit par les microorganismes présents dans le sol. C'est pourquoi il est dit biodégradable. Bien qu'utilisé de plus en plus dans les barquettes alimentaires ou les coques de téléphones portables, il faut attendre 2 à 3 années avant qu'un simple sac plastique soit totalement transformé.

Afin de favoriser la biodégradation du plastique, les chercheurs ont intercalé entre deux couches de PLA une substance chimique qui permet d'accélérer la décomposition du PLA. Lorsque le film plastique est chauffé, cette substance chimique diffuse à la surface du matériau et accélère la dégradation du PLA par l'oxygène.

Actuellement, comme de temps de décomposition du PLA est trop long, les plastiques biodégradables sont généralement incinérés. Le temps de dégradation ayant été diminué, l'enfouissement devient envisageable, pouvant entraîner de ce fait une baisse des coût de traitement des déchets ainsi qu'une diminution des émissions de CO2.

BE Japon numéro 465 (7/12/2007) - Ambassade de France au Japon / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/52214.htm

31 octobre 2007

Marjolaine, le salon du bio ouvre ses portes le 9 novembre 2007

La 32e édition du salon Marjolaine, le plus grand salon bio en France, se tiendra du 9 au 18 novembre 2007, au Parc Floral de Paris.

Avec près de 500 exposants et plus de 77.000 visiteurs, Marjolaine est le salon de référence dans le domaine du bio et des produits sains.

C'est un rendez-vous à ne pas manquer pour connaître les dernières tendances de l'agriculture bio et de la consommation saine. Ce sera aussi l'occasion de s'informer et de poser des questions aux meilleurs experts sur les grandes questions environnementales d'aujourd'hui, au travers d'un cycle de conférences.

Parmi les sujets traités :
- "Quelle vie quotidienne offrirons-nous à nos enfants ?" avec Thierry Gaudin (Ministère de la recherche) ;
- "Comment faire franchir à l'humanité un saut qualitatif dans sa propre histoire ?" avec Patrick Viveret, philosophe ;
- "Les enjeux de la nouvelle réglementation bio européenne" ;
- "Pesticides, révélations sur un scandale français" avec Fabrice Nicolino et François Veillerette ;
- "Les cancers de l'environnement, une maladie de société ?" avec André Picot, toxicochimiste ;
- "Biométrie, fichages, puçages : attention à la dérive sécuritaire" avec Jean-Philippe Joseph, professeur d'économie et de droit ;
- "Parlez-moi d'eugénisme" avec Mathieu Calame, agronome ;
- "Comment les riches détruisent la planète" avec Hervé Kempf
... (programme complet ci-joint)

Site internet : http://www.salon-marjolaine.com
Email de contact : contact@salon-marjolaine.com

26 octobre 2007

principales mesures issues du Grenelle environnement

OGM:
Moratoire sur les cultures commerciales d'OGM dans l'attente d'une expertise indépendante.
Transposition par la loi (printemps 2008) de la directive européenne.
Poursuite de la recherche sur les OGM selon des modalités à définir.

Agriculture:
Réduction de moitié de l'usage des pesticides "si possible dans les dix ans qui viennent" selon un plan qui sera défini par le Ministre de l'Agriculture.
Repas bio "au moins une fois par semaine" dans toutes les cantines publiques.
Multiplication par trois d’ici à 2012 et par 10 d’ici à 2020 des cultures bio (soit 20 % des surfaces cultivées au final).

Fiscalité:
Instauration d'une "écoredevance" kilométrique sur les poids lourds étrangers qui traversent la France.
Taxe écologique annuelle sur les voitures neuves les plus polluantes.
Création d'une TVA à taux réduit sur les produits respectant le climat et la biodiversité.
Demande à l'Union Européenne d'une taxation des produits importés venant de pays ne respectant pas le protocole de Kyoto.
Etude dans le cadre de la révision générale des prélèvements obligatoires d'une "taxe carbone" en échange d'un allègement de la taxation du travail.

Energie:

Poursuite de l'énergie nucléaire sans création de site nouveau.
Programme national pour les énergies renouvelables afin de dépasser l'objectif européen de 20% de la consommation d'énergie en 2020.
Généralisation de l'étiquette énergie (réservée jusqu'ici à l'électroménager).
Affichage en grande surface du «prix écologique» (intègrant le coût environnemental d'un produit à l'image de l'éco-étiquette de Casino) en plus du coût réel.
Interdiction des lampes à incandescence en 2010 au profit de lampes à basse consommation et LED.

Transports:
Création d'une éco-pastille, système de bonus-malus pour encourager l'achat de voitures propres.
Construction de 2 000 km de lignes TGV d'ici à 2020.
Extension de 329km à 1.500km du réseau de tramways hors Ile-de-France.
Plan d'investissement dans les liaisons fluviales pour retirer des routes un million de camions en 2020.
Taxation des vols intérieurs s’il existe une alternative en TGV.
Possibilité pour les villes de créer des péages urbains, de faire des couloirs dédiés au covoiturage, ou d’expérimenter ces processus.

Logement:
Tous les logements neufs devront être aux normes basse consommation d'ici à 2020 (consommation inférieure à 80 KWh par mètre carré en 2010 et à 50 KWh en 2012).
Interdiction dès 2010 des ampoules à incandescence et des fenêtres à simple vitrage.
Rénovation thermique favorisée via des crédits d'impôts et des prêts

30 septembre 2007

Le groupe Casino adopte l'éco-étiquette

Le groupe Casino, avec l'expertise de Bio Intelligence Service (un spécialiste de la traçabilité environnementale) et la collaboration de l'ADEME, a décidé de mettre en place dès 2008 un étiquetage environnemental sur ses produits de marque de distributeur: la quantité de gaz à effet de serre émis par la fabrication du produit et de l'emballage, la part de l'emballage recyclable, les kilomètres parcourus par le produit...

Inspirée de l'étiquette énergie, le consommateur peut visualiser instantanément l'impact environnemental de ses achats. Près de 50 produits ont été analysés à ce jour avec un objectif de 500 pour la fin de l’année et à 3 000 par la suite.

Le premier effet bénéfique de cet étiquetage s'est déjà fait sentir: l’enseigne a cessé la fabrication d’un cabillaud qui parcourait 27 000 km avant d’arriver en magasin...

7 septembre 2007

La faim, la bagnole, le blé et nous

Une dénonciation des biocarburants

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Vous vous interrogez sur les biocarburants ? Cela tombe bien. Je publie le 3 octobre, chez Fayard, un livre intitulé : La faim, la bagnole, le blé et nous. Sous-titre : une dénonciation des biocarburants.

Je n’ai aucune raison de le cacher : c’est un livre de combat, car les biocarburants, arme de guerre et de mort, sont d’ores et déjà une tragédie planétaire.En France, un lobby surpuissant, caché au coeur même du ministère de l’Écologie, défend l’indéfendable : faire rouler des bagnoles avec des plantes alimentaires. Pour complaire à l’agriculture industrielle, le gouvernement s’apprête à sacrifier un million d’hectares de jachères, refuge pour l’heure de la biodiversité ordinaire, celle des oiseaux des champs et des petits mammifères. À quelques semaines du Grenelle de l’environnement, cette question est simplement explosive. Que pourra dire M.Borloo du rôle de l’Ademe et d’Agrice, tous deux abrités par son ministère ? Les discours sur la nature et la biodiversité sont justement cela : des discours. Pour les gogos.

Ailleurs dans le monde, c’est pire, infiniment. Le déferlement de plantations industrielles - palmier à huile, soja, canne à sucre - s’attaque aux ultimes forêts tropicales de la planète. L’Indonésie trucide ses derniers orangs-outans en faveur des biocarburants, sur des millions d’hectares. Des millions d’hectares. Le bassin du Congo, en Afrique, est gravement touché. L’Amazonie - le cerrado comme la forêt -, la Patagonie et sa pampa, se couvrent de soja, de canne à sucre industrielle et même d’arbres transgéniques, plus mous que ceux que nous connaissons. Pour en extraire plus facilement la cellulose, matière première de choix pour les biocarburants.

Plus dramatique que tout : la faim menace des dizaines de millions d’humains supplémentaires. Par une sinistre contagion, les prix des denrées alimentaires de base flambent. Tout a commencé aux États-Unis, premier producteur mondial de maïs. Le quart - le quart, oui ! - de cette production part dans des gigantesques bioraffineries, avant de rejoindre le moteur des 4X4. Un plein de bioarburants, dans ces énormes engins, représente la ration alimentaire annuelle de maïs pour un homme du Sud. Toute l’existence de base des paysans pauvres est déstabilisée par cette saloperie.

Et le plus inouï, c’est qu’à coup d’études tronquées, ou truquées, la propagande fait croire que les biocarburants seraient bons pour le climat. Je démontre dans mon livre, sans grande difficulté, que c’est tout le contraire. À qui profite ce crime écologique et social majeur ? À l’agriculture industrielle, qui a pris le pouvoir en Occident après 1945. Mais aussi à nous, qui ne parvenons pas à remettre en cause la place démentielle de la voiture individuelle dans nos vies. Au reste, de nombreux “écologistes”, que je m’autorise à critiquer sans hésiter, soutiennent cette grande manipulation de l’opinion. Je vous l’assure, et vous prie de me croire : ce livre a besoin de vous tous. Car il est un appel au secours en même temps qu’une invite à la révolte. Il faut tout de suite, tout de suite, arrêter l’infernal mécanisme. Pour ma part, bien au-delà de ce livre, je suis prêt. Et vous ?

Fabrice Nicolino

18 août 2007

Biocarburants ou eau: il faut choisir

Les biocarburants, largement préconisés pour remplacer les énergies fossiles et réduire les émissions de CO2, sont loin d'être la panacée selon des experts soulignant que leur production est très gourmande en eau, une ressource déjà limitée.
Ils redoutent également que la fabrication à grande échelle de ces carburants "verts", faits à partir de produits agricoles, se fasse au détriment de la production des aliments de base.

"Lorsque les gouvernements et les entreprises discutent de la solution des biocarburants, je pense que la question de l'eau n'est pas suffisamment prise en compte", a indiqué à l'AFP Johan Kuylenstierna, directeur de la Semaine mondiale de l'eau.

Ce congrès annuel est actuellement réuni pour sa 17e édition à Stockholm, en présence de quelque 2.500 experts du secteur de l'eau, venus du monde entier.

A l'avenir, "la production de nourriture va devoir augmenter, la consommation d'eau dans le secteur agricole va énormément augmenter et la production de biocarburants va augmenter. Du point de vue de l'eau, l'équation ne tient pas la route", a averti M. Kuylenstierna.

"D'où viendra l'eau servant à cultiver des aliments pour nourrir une population mondiale croissante si elle est détournée par la production de céréales servant aux biocarburants", s'est interrogé de son côté David Trouba, porte-parole l'Institut international de l'eau à Stockholm (SIWI).

Selon le SIWI, en 2050, la quantité d'eau nécessaire à la fabrication de biocarburants sera équivalente a celle requise par le secteur agricole pour nourrir l'ensemble de la population de la planète.

"Les biocarburants ne sont pas +la+ solution mais +une+ solution", a estimé M. Kuylenstierna.

Pour Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement, en Inde, les biocombustibles sont "une idée qui est bonne en théorie, mauvaise dans la pratique".

Selon cette experte influente, la priorité est d'aborder et de régler la question de la consommation de carburant.

Car il est "extrêmement idiot" d'imaginer qu'il sera possible à l'avenir de consommer autant de biocarburant que nous consommons actuellement de combustible fossile, a-t-elle estimé.

"Si nous voulons consacrer de l'eau (à la production de biocarburants), nous devons réduire la consommation des biocarburants. Par exemple, les destiner aux bus et non aux voitures", a-t-elle expliqué.

Au delà de la question de la limite de la disponibilité de l'eau, les experts craignent que la production à grande échelle des carburants "verts" entraîne une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base.

"La production de biocarburants pourrait devenir un important concurrent de la production de nourriture. Les prix mondiaux des aliments pourraient augmenter", explique M. Kuylenstierna.

Un avis partagé par Mme Narain qui dénonce la pression haussière sur les prix des aliments et cite en exemple "la guerre de la tortilla": l'augmentation aux Etats-Unis de la production d'éthanol à partir du maïs a provoqué début 2007 une hausse du prix du maïs sur le marché international et une hausse de celui de la "tortilla", galette de maïs largement consommée par les Mexicains.

L'éthanol est un biocarburant qui a été érigé au rang de priorité nationale aux Etats-Unis où il compte désormais pour 5% du volume total d'essence distribué.

Remplir un réservoir de 95 litres d'éthanol pur nécessite environ 200 kilos de maïs, c'est à dire assez de calories pour nourrir une personne pendant un an, relève le SIWI dans un dossier de presse.

source: AFP

26 juillet 2007

Le "Bt1 test kit", un test pour reconnaître le maïs OGM

Pour reconnaître un maïs génétiquement modifié, il existe, selon le Collectif national des faucheurs volontaires, réunis ce week-end dans le Finistère, un test ressemblant à un "test de grossesse".

Selon eux, il faut prélever des feuilles que l’on broie dans une sorte de mixeur. Le test, d’origine américaine selon José Bové, consiste à tremper dans la mixture une bandelette qui, une vingtaine de minutes après, change de couleur en cas de présence d’OGM.

Ce test a notamment été utilisé en Gironde où les Faucheurs volontaires ont affirmé avoir localisé 1.000 hectares, sur les 1.200 hectares de maïs transgénique répartis dans cinq cantons.

Une autre méthode, plus "empirique" selon les faucheurs, consiste "à s’approcher d’une parcelle et, si des véhicules 4x4 de surveillance ou des gendarmes surgissent, c’est que l’on est près du but".

source: AFP

Pour en savoir plus:
Mode d'emploi du kit "Trait Bt1 test kit"

Guide OGM Greenpeace 2006
(mise à jour du 06/06/07)

24 juillet 2007

Bio: une marque privée pour remplacer le logo AB ?

Les agriculteurs biologiques français envisagent de créer une marque privée pour pallier les manquements de la nouvelle réglementation européenne qui s’imposera prochainement à eux.

Le nouveau règlement européen de l’agriculture biologique a été voté le 12 juin en Conseil des ministres européens de l’agriculture. Malgré la pression du Parlement européen et de la société civile, le texte, approuvé dès le 19 décembre 2006, n’a connu que peu d’évolutions. Les différents amendements votés par le Parlement, à l’initiative notamment de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB), ont été totalement ignorés.

Le règlement européen, qui entrera en vigueur en 2009, comporte des points « inacceptables » pour nombre d’agriculteurs biologiques. Le refus de reconnaître aux productions bio le droit d’être indemnes d’OGM a en particulier focalisé les critiques. Quatre pays membres – la Belgique, l’Italie, la Hongrie et la Grèce - ont voté contre le texte pour cette raison. Le seuil de contamination par des OGM autorisé pour les produits biologiques est en effet fixé à 0,9%, soit le même seuil que pour l’agriculture conventionnelle.

La flexibilité qui permet de faire moins que la réglementation et l’absence de subsidiarité, qui permettait de faire mieux sont également critiquées. Le règlement européen étant moins stricte que le cahier des charges du logo AB français, il minimise l’engagement des producteurs bio. Ceux-ci se voient dépossédés d’un outil qu’ils ont largement créé, alors qu’il n’y aura plus de règles nationales plus strictes. Sauf sur les productions non définies au niveau européen (escargots, lapins, etc…) et sur la restauration, où des latitudes nationales sont prévues. Concernant les règles d’élevage, le texte européen est en particulier moins ambitieux sur les traitements vétérinaires, le pâturage non obligatoire des herbivores, la mixité piscicole...

C’est finalement l’agriculture biologique que nous avons bâtie et telle que les agriculteurs bio français la pratiquent et que nos consommateurs la conçoivent qui risque de disparaître. L’étiquetage « bio » est enfin moins ambitieux que les règles actuelles.

Le texte « cadre » européen va se voir complété par des règlements d’application : les règles « pratiques » d’élevage, de culture, la transformation… entreront en discussion à partir de cet automne. Mais il est peu probable que les organisations bio françaises réussissent à placer dans ces futurs règlements d’application les spécificités nationales actuelles comme le lien au sol, l’âge d’abattage minimum des volailles… Anticipant « ce mauvais coup », l’assemblée générale de la FNAB a voté en mars dernier la possibilité d’une marque privée qui permettrait de conserver le niveau d’exigence du cahier des charges national, en son temps plébiscité par les paysans bio, et de se démarquer d’un logo AB vidé de son sens. L’organisation travaille désormais à une telle marque, afin de garantir la crédibilité de notre mode de production et de nos pratiques et d’offrir aux consommateurs une alternative à une réglementation européenne bien éloignée de nos souhaits.

via ruralinfos

17 juillet 2007

Europe: les OGM ont la patate !

Les ministres européens de l'Agriculture n'ont pu se mettre d'accord lundi sur l'autorisation de culture d'une pomme de terre transgénique, laissant à la Commission européenne le dernier mot...

La pomme de terre OGM en question est celle du chimiste allemand BASF et a été génétiquement modifiée dans le but d'en extraire davantage d'amidon à des fins industrielles (production de papier, de colles, de textiles, etc).

Onze pays ont voté contre cette demande (Irlande, Autriche, Malte, Luxembourg, Lettonie, Italie, Grèce, Chypre, Pologne, Hongrie, Danemark), six se sont abstenus (Roumanie, Espagne, Bulgarie, Portugal, France, Slovénie) et dix ont voté pour (Belgique, Allemagne, Finlande, Estonie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Slovaquie, Lituanie, Suède et République tchèque).

Dans ce cas de figure, la procédure veut donc que ce soit la Commission qui prenne la décision d'autorisation, ce qu'elle devrait faire en s'appuyant sur l'avis favorable de l'Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA).

L'EFSA avait conclu, en février 2006, qu'il "est improbable" que cette pomme de terre "ait un effet néfaste sur la santé humaine et animale ou sur l'environnement dans le cadre des utilisations proposées".

«A chaque fois, la Commission européenne dit oui en se basant sur l’avis de l’autorité européenne de sécurité des aliments», déplore Green peace, qui dénonce depuis longtemps cette procédure. Les défenseurs de l’environnement sont d’autant plus inquiets que cette autorisation est la première, depuis la fin du moratoire européen sur les OGM en 2004, qui concerne la mise en culture.

4 juillet 2007

Les biocarburants alimentent la hausse des prix agricoles

La progression de la demande de biocarburants entraîne une mutation radicale des marchés agricoles susceptible d’induire une hausse des prix mondiaux de nombreux produits agricoles, avertit un nouveau rapport publié aujourd'hui par la FAO et l’OCDE.

Selon les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2007-2016, des facteurs transitoires tels que les épisodes de sécheresse sévissant dans les régions productrices de blé ou le faible niveau des stocks expliquent dans une large mesure les récentes augmentations des prix agricoles.

Dans une optique de long terme, on constate que s’opèrent déjà des changements structurels qui, au cours des dix prochaines années, pourraient bien se traduire par le maintien de prix nominaux relativement élevés pour nombre de produits.

La diminution des excédents de production et la réduction des subventions à l’exportation viennent accentuer les évolutions de long terme que connaissent les marchés.

L’élément marquant est cependant l’utilisation de plus en plus grande qui est faite des céréales, du sucre, des graines oléagineuses et des huiles végétales pour produire des combustibles de substitution, de l’éthanol et du biogazole.

Ce mouvement de conversion conforte non seulement les prix des productions végétales, mais aussi, bien qu’indirectement à travers la hausse du coût des aliments du bétail, ceux des productions animales.

Aux Etats-Unis, la production annuelle d’éthanol à partir du maïs devrait doubler entre 2006 et 2016, tandis que dans l’Union européenne, les volumes d’oléagineux (principalement de colza) destinés à la production de biocarburants devraient passer d’un peu plus de 10 millions de tonnes à 21 millions de tonnes au cours de la même période.

Au Brésil, la production annuelle d’éthanol devrait atteindre quelque 44 milliards de litres d’ici 2016, contre 21 milliards de litres environ aujourd’hui. La Chine devrait voir sa production actuelled d'éthanol, de l’ordre de 2 milliards de litres, grimper jusqu’à 3,8 milliards de litres.

Le rapport montre que la hausse des prix des produits agricoles préoccupe tout particulièrement les pays importateurs nets, de même que les populations urbaines pauvres.

Si l’augmentation du prix des matières premières induite par l’accroissement de la production de biocarburants est favorable aux producteurs de cultures énergétiques, elle implique des coûts supplémentaires et une baisse de revenu pour les agriculteurs qui en ont besoin pour nourrir leur bétail.

27 juin 2007

L'Europe échoue à imposer en urgence un nouvel OGM

Aujourd'hui, le comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l'Union européenne s'est réuni pour examiner en urgence l'autorisation d'un nouveau maïs OGM, le Herculex RW 59-122, résistant à la chrysomèle, un insecte ravageur qui attaque par les racines.

Le comité l'examine en urgence (procédure dite de "fast track") parce qu'il s'agit du maïs OGM illégal dans l'Union européenne que Greenpeace a découvert aux Pays-Bas en avril dernier dans un navire déchargeant sa cargaison de maïs en provenance des Etats-Unis.

« Au lieu de renforcer les mesures de contrôle sur un OGM illégal dans l'Union européenne, la Commission européenne se proposait de le légaliser via une procédure d'urgence ! Et ce, en forçant la main des Etats-membres en tentant de légaliser un scandaleux fait accompli », a déclaré Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France.

Fort heureusement, les représentants des Etats membres n'ont pas cédé et ont refusé la majorité qualifiée qui aurait permis à ce maïs d'être rapidement commercialisé. C'est donc désormais aux ministres de l'Union européenne de se prononcer sur l'autorisation de commercialisation du Herculex RW 59-122 dans l'Union européenne.

source

1 mai 2007

OGM: l'envahisseur, un reportage d'Envoyé spécial

Envoyé Spécial a réalisé un reportage d’une dizaine de minutes sur le colza transgénique de Monsanto au Canada. Ce reportage montre, par exemple, que la contamination est très importante, qu’elle peut condamner des agriculteurs du fait des droits de propriété intellectuelle, ...



Monsanto a fait condamner M. Percy Schmeiser, fermier canadien, à une amende de 72 800 F pour « piratage » de colza transgénique. L’intéressé a contre-attaqué en accusant Monsanto d’avoir accidentellement pollué ses champs de colza traditionnel avec son colza transgénique tolérant au Roundup.

Contrairement à de nombreux agriculteurs nord-américains accusés de façon similaire qui ont conclu des arrangements hors tribunal avec Monsanto, M. Schmeiser s'est plaint que des enquêteurs envoyés par Monsanto avaient pénétré sur ses terres sans autorisation - et que des semences de cette compagnie pouvaient fort bien provenir de camions chargés de colza ayant passé à proximité. "Je n'ai jamais semé ces plantes sur mes terres", déclare M.Schmeiser. "La question est de savoir où commencent les droits de Monsanto et où finissent les miens."

Au Canada, comme ailleurs, il est fort à parier que Monsanto et consorts ne seront jamais responsables de rien...

à lire absolument:
La guerre secrète des OGM de Hervé Kempf

21 avril 2007

We feed the world, le marché de la faim

"Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficulté. Pour le dire autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité, assassiné."
Jean Ziegler


Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d'Autriche, Graz... Environ 350 000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture du cheptel des pays européens alors que près d'un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique. Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l'Espagne, et dont la culture provoque des pénuries d'eau locales...

We feed the world est un film sur la pauvreté au cœur de la richesse, qui éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux questions que le problème de la faim dans le monde nous pose. Ce ne sont pas seulement des pêcheurs, des fermiers, des agronomes, des biologistes et Jean Ziegler, fonctionnaire aux Nations Unies qui sont interrogés, mais aussi un des responsables de Pioneer, le leader mondial des ventes de semences, ainsi que Peter Brabeck, le P.D.G. de Nestlé, la plus importante multinationale agro-alimentaire mondiale.

sur les écrans à partir du 25 avril 2007

en savoir plus:
- écouter Jean Ziegler dans un entretien avec Daniel Mermet pour Là-bas si j'y suis
- le site officiel
- acheter le livre tiré du film sur Amazon