environnement, énergies renouvelables, commerce équitable

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1 juin 2008

Le suédois SEKAB va devenir le 1er fournisseur d'éthanol certifié "durable"

La société suédoise SEKAB a annoncé cette semaine qu'elle devenait la première société au monde à fournir de l'éthanol certifié durable. La qualité de cet éthanol, qui provient de la canne à sucre brésilienne, est garantie des points de vue environnemental, climatique et social.

"Les consommateurs et les autres actionnaires ont besoin de s'assurer que l'éthanol est certifié durable", a déclaré Anders Fredriksson, vice-président directeur de SEKAB BioFuels & Chemicals.

En collaboration avec des producteurs progressifs brésiliens, SEKAB a élaboré des critères couvrant la totalité du cycle de vie de l'éthanol, soit des champs de canne à sucre aux véhicules à alimentation polyvalente.

Les critères correspondent aux demandes soulignées lors des processus actuellement menés par des organisations comme l'ONU, l'UE, l'OIT ainsi que plusieurs ONG.

Les réglementations ne tolèrent aucunement le travail des enfants, les conditions de travail non organisées (le travail forcé) et la destruction des forêts tropicales humides. Il existe également des réglementations concernant les conditions de travail, les droits du travail et la rémunération.

Aujourd'hui, au moins 30 % de la récolte doit être effectuée mécaniquement, seuil qui augmentera à 100 % d'ici 2014.

En termes de climat, les demandes entraîneront une réduction d'au moins 85 % des émissions de dioxyde de carbone causées par l'agriculture, la production et les transports, comparativement à l'essence.

Une société internationale indépendante de vérification examinera toutes les unités de production deux fois par année afin de s'assurer qu'elles répondent à tous les critères établis.

"À l'échelle mondiale, cette initiative est la première du genre et constitue une étape importante pour ce qui est d'accélérer le remplacement de l'essence et du diesel", a déclaré Anders Fredriksson. "Au cours des prochaines années, les critères seront progressivement élaborés et intégrés aux réglementations internationales en place."

SEKAB offre environ 90 % de l'éthanol utilisé par les véhicules E85 et ED95 en Suède (éthanol pour les véhicules lourds).

"La première récolte d'éthanol provenant de cannes à sucre vient tout juste de débuter", a expliqué Anders Fredriksson. "Plus de 100 000 propriétaires suédois de véhicules E85 pourront commencer à utiliser l'éthanol certifié durable en août."

Source : SEKAB

26 mai 2008

Bientôt un champignon pour produire des biocarburants de seconde génération à partir des végétaux

Trichoderma reesei, tel est le nom de ce champignon filamenteux, découvert durant la Seconde Guerre mondiale, dans le Pacifique Sud, où il était alors responsable de la dégradation des équipements de l'armée américaine. En effet, aucune toile de coton ne résistait à ce champignon dont le secret est de renfermer une batterie d'enzymes, des cellulases, aux propriétés catalytiques particulièrement performantes pour dégrader les végétaux. Aussi apparaît-il dans le monde entier comme La référence pour transformer la cellulose de la paroi végétale en sucres simples, ce qu'on appelle la saccharification, dont il se nourrit. Or après fermentation, ces sucres simples peuvent être facilement transformés en biocarburants, comme l'éthanol.

Aussi, afin de percer les mystères de l'incroyable activité enzymatique de ce champignon filamenteux, l'équipe de glycogénomique dirigée par Bernard Henrissat, au sein du Laboratoire Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (CNRS/Universités de la Méditerranée et de Provence), spécialisée dans l'étude des enzymes de dégradation des sucres, a-t-elle procédé au décryptage de son génome, en collaboration avec des chercheurs américains. Ces travaux, dont les résultats sont publiés en ligne sur le site de la revue Nature biotechnology, révèlent que Trichoderma reesei ne possède qu'un nombre très faible de gènes codant pour des cellulases, très inférieur à ce qui est observé habituellement chez les champignons capables de dégrader la paroi des plantes. Qui plus est, ce champignon est privé, ou ne possède qu'en très faible quantité, de nombreuses activités enzymatiques permettant habituellement la digestion de composants particuliers de cette paroi. Des limitations qui apparaissent finalement comme un aubaine, le cocktail enzymatique que recèle Trichoderma reesei se prêtant ainsi facilement à de nombreuses améliorations génétiques.

Les chercheurs vont en effet pouvoir découvrir quelles enzymes pourront être ajoutées au patrimoine génétique de ce champignon en vue d'une saccharification plus efficace pour produire du bioéthanol. Rappelons que la production de biocarburants de deuxième génération, qui ne présentent pas les contraintes des agrocarburants de première génération, élaborés à partir des céréales ou de la betterave sucrière, les industriels cherchent aujourd'hui à développer des souches de champignons capables de produire un cocktail complet de cellulases et d'hemicellulases à plus de 50 g/L. Or Trichoderma reesei semble être l'organisme de choix pour la majorité des projets dans ce domaine.

BE France numéro 210 (26/05/2008) - ADIT / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54770.htm

12 avril 2008

Le Golf du Mexique sous la menace de l'éthanol

L'essor de la production d'éthanol aux Etats-Unis va compromettre les objectifs de lutte contre l'eutrophisation dans le Golfe du Mexique, selon une étude publiée le 10 mars sur le site des Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS).

Une étude réalisée par Simon Donner (Université de Columbia) et Christopher Kucharik (Université de Wisconsin) simule l'impact environnemental que provoquera l'extension des cultures de maïs si les Etats-Unis triplent leur production d'éthanol d'ici 2022 (560 millions d'hectolitres) comme le propose le Sénat américain. Les modèles mathématiques utilisés concluent que la pollution azotée qui affecte le Mississipi et ses affluents augmentera de 34 %. Les engrais utilisés dans des États de la Corn Belt comme l'Illinois, l'Iowa, le Nebraska ou le Wisconsin, en constituent la première cause. Or, ces engrais azotés qui ruissellent dans les rivières avant de se jeter sous formes de nitrates dans le Golfe du Mexique favorisent le développement d'algues dont la décomposition absorbe l'oxygène dissous dans l'eau, créant une « zone morte », selon l'expression de Simon Donner. Cette eutrophisation rend l’eau du Golfe impropre à la vie des écosystèmes aquatiques, provoquant la mort des organismes sédentaires et la fuite des poissons. Ce phénomène a aussi d’importantes répercussions sur la pêche, mais celle-ci est malheureusement économiquement moins importante que la production de carburant…

Observé depuis plusieurs dizaines d'années, ce phénomène couvre déjà 20 000 km2 du Golf du Mexique. L'étude démontre qu'en l'absence de changement d'orientation de la politique agricole il s'amplifierait.

6 avril 2008

Biocarburants: l'Allemagne renonce à l'E10

Le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel, a annoncé vendredi que son pays abandonnait le recours massif aux biocarburants. La raison: environ 3,3 millions de véhicules sont incapables de rouler avec le mélange d'éthanol et d'essence classique. Le mélange, plus corrosif que le carburant classique, risquerait même d'user trop vite certaines pièces des moteurs et serait inadapté pour les véhicules de plus de quinze ans. Au demeurant, Sigmar Gabriel avait prévenu que le projet serait abandonné au-delà d'un million de véhicules inadaptés. Exit donc le E10, un agrocarburant que le gouvernement souhaitait imposer en 2009 et qui contenait 10% d'éthanol pour 90% d'essence classique.

Pour le gouvernement allemand c'est surtout un revers dans sa politique de lutte contre le réchauffement climatique. D'autant que Berlin avait et a toujours l'ambition de faire mieux que ses partenaires européens ! Cette décision pourrait marquer surtout un retournement dans la future stratégie de l'Union Européenne qui envisageait (et envisage toujours) pour 2020 la généralisation de l'E10. Ce revirement pourrait bientôt être effectué par l'Autriche où l'E10 ne sera obligatoire qu'à compter de 2010. Sans parler des doutes émis par la Slovénie et l'Italie.

19 mars 2008

Galp Energia veut mettre des microalgues dans votre moteur

Le groupe pétrolier portugais Galp Energia va s'associer avec l'Institut national d'ingénierie, de technologie et d'information (Ineti)et avec la société Alga Fuel pour se lancer l'année prochaine dans la production d'un biocarburant à partir de microalgues.

"En 2009, nous voulons que notre projet pilote soit opérationnel. Nous voulons produire un biocombustible à partir de microalgues", a déclaré M. Ferreira de Oliveira, le président du groupe, lors d'une conférence de presse.

Pour ce projet pilote l'investissement se montera de 1 à 2 millions d'euros. D'ici 2009 le projet passera par plusieurs étapes. Dans un premier temps, AlgaFuel se chargera de sélectionner les microalgues. Le projet pilote sera alors mis en place. l'INETI récoltera les microalgues et produira de la biomasse. Galp Energia interviendra alors pour produire le biocarburant en "recyclant" le CO2 séquestré de sa raffinerie de Sines (Sud du Portugal).

Le passage du stade de pilote à la phase de commercialisation dépendra des résultats de la première étape qui sera suivie de plusieurs tests en laboratoire.

18 mars 2008

Belgique: une centrale alimentée au jatropha

Thenergo, un des leaders du marché en matière d'énergies renouvelables et de cogénération, a annoncé avoir lancé la construction d'une unité de cogénération alimentée par des biocarburants.

La centrale sera construite à Merksplas en Belgique et atteindra un taux d'activité pouvant aller jusqu'à 8 000 heures par an tout en générant 6 MW de chaleur pour des partenaires industriels et 9 MW d'électricité pour un équivalent de 20 000 ménages.

Le projet, baptisé Greenpower, et représentant un investissement total de 11 millions d'euros devrait être opérationnel dès février 2009. Greenpower est une joint-venture entre Thenergo, actionnaire majoritaire et exploitant de la centrale, et les familles Quirynen et Dielis.

Greenpower sera alimenté par un biocarburant produit à partir d'huile extraite de graines de Jatropha. Ces graines ont un contenu énergétique très élevé et sont cultivées sur des sols semi-arides dans le sud-est asiatique. Depuis cinq ans, Leysen NV, une société du groupe Thenergo, explore le potentiel du Jatropha comme source d'énergie renouvelable. Les recherches portent sur toutes les étapes allant de la culture à la logistique et ce afin de garantir une perte minimale d'énergie consommée au cours de la production et du transport.

3 mars 2008

Une bonne année pour les énergies renouvelables ? Opportunités et prédictions pour l'année 2008

Face au réchauffement climatique et à des problématiques environnementales de plus en plus fortes, la demande pour la recherche de solutions "vertes" s'accroît. Pour les capitaux risqueurs, le secteur des énergies vertes est un secteur à fort potentiel et en pleine expansion. L'année 2008 devrait donc offrir de belles opportunités dans le secteur des énergies renouvelables. Divers rapports émettent des prédictions et précisent quelles seront les tendances fortes de l'année 2008.

Aux Etats-Unis, selon le DoE, (Département of Energy), l'utilisation et le développement de nouvelles technologies pourrait réduire de 50% le coût généré par la consommation d'énergie. La création de nouveaux bâtiments "intelligents" capables d'auto-contrôler l'éclairage et de réguler la consommation d'énergie devrait continuer à progresser. La construction de ce type d'infrastructure est complexe car elle implique un grand nombre d'acteurs et concerne différentes technologies. Des solutions telles que les LEDs (diodes électroluminescentes), plus intelligentes, plus efficaces et moins polluantes vont continuer à se développer.

Le marché du Carbone est lui aussi en pleine expansion. Les contraintes d'un développement durable pour la planète encouragent le développement d'échanges financiers liés aux émissions de gaz à effet de serre. Ce marché permet aux pays ayant épargné des unités d'émissions - des émissions permises mais non "utilisées"- de vendre cet excès aux pays ayant dépassé leurs objectifs d'émissions. Par ce système, les compagnies achètent leur droit de polluer. De tels échanges sont appelés à avoir des impacts, à plus ou moins long terme, sur les choix d'aménagement du territoire, sur les modes de production et de consommation des Etats, des entreprises, des collectivités, des particuliers : localisation des ressources énergétiques, modes de transport, etc.

Les biocarburants devraient attirer l'attention d'un plus grand nombre d'investisseurs. Face à un marché de plus en plus concurrentiel, à la croissance du prix du maïs et du sucre d'où l'éthanol est produit, le développement de nouveaux biocarburants est nécessaire. Aux Etats-Unis, la demande croissante pour les biocarburants pose le problème de la durabilité de leur production. Actuellement les Etats-Unis utilisent 529 millions de litres de gazole par an et on estime que le maïs ne pourrait fournir que 56 millions de litres. Des initiatives se mettent en place pour développer des biocarburants durables. Le DoE a estimé qu'1,3 million de gallons de déchets non issus du grain, pourraient être utilisés pour produire de l'Ethanol [1]. Pour sa fabrication d'autres matières que le grain sont exploitables telles que le papier, le bois, les déchets. Le gouvernement devrait aider à la recherche d'autres matières premières, l'optimisation des procédés, le développement et le transfert de technologies ainsi que la promotion des investissements.

D'autres opportunités se dessinent autour de différentes problématiques industrielles, énergétiques et économiques. Parmi ces problématiques, le transport et la distribution de l'électricité aux Etats-Unis. Il s'agit en effet, d'un secteur sous-financé, le DoE estime que 9% de la production électrique se perd en distribution entre le moment où l'électricité est produite et son utilisation par le consommateur. Ce problème non résolu laisse place à d'importantes opportunités dans la recherche de solutions.

En 2008, il devient de plus en plus évident que le marché des énergies renouvelables sera l'un des marchés les plus prédominant. Pour les capitaux risqueurs, il s'agit d'investissements lourds et prévus sur du long terme. Cependant, des facteurs tels que l'émergence de nouvelles technologies compétitives, la mise en place et l'orientation de nouvelles mesures gouvernementales (taxes, aides financières) et la façon dont le gouvernement souhaitera réguler la consommation d'énergie pourront confirmer ou remettre en cause les prédictions sur les énergies renouvelables les plus prometteuses.

BE Etats-Unis numéro 113 (29/02/2008) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53325.htm

1 mars 2008

Energie solaire : un système hybride pour les jours nuageux

L'énergie solaire présente de nombreux avantages : illimitée, sans émissions de carbone etc. mais son inconvénient réside en son manque de fiabilité. En effet, les rayons du soleil ne sont pas constants. C'est pourquoi la société israélienne EDIG a créé un générateur hybride pour les jours nuageux ou les nuits.

Les turbines du système peuvent s'adapter à plus d'une source d'énergie. Les turbines solaires peuvent basculer et fonctionner grâce à des gaz, des énergies fossiles ou encore des biocarburants. Basée sur les recherches du prof. Jacob Karni de l'Institut Weizmann, la technologie attire le soleil et le concentre grâce des petits miroirs placés sur le sol. L'énergie thermique générée active des turbines qui peuvent être dirigées par du carburant traditionnel dans les périodes de faible ensoleillement. Ce système hybride n'évite pas complètement les émissions de carbone mais le taux zéro peut être atteint et l'utilisation de pétrole devient minimale.

EDIG a récemment monté une usine pilote en Chine. L'usine était fonctionnelle et a pu fournir de l'électricité au réseau local. La prochaine étape est la construction d'une usine dans le désert Arava en Israël. EDIG destine son système à des régions comme l'Inde, le sud des Etats-Unis pour encore le sud de l'Espagne.

BE Israël numéro 62 (27/02/2008) - Ambassade de France en Israël / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53274.htm

8 février 2008

Les promesses non tenues des biocarburants

Le remplacement des énergies fossiles par de l’éthanol et d’autres « biocarburants » issus des plantes a été prôné comme un moyen prometteur de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais les cultures envisagées pour cela augmentent en fait la quantité de carbone rentrant dans l’atmosphère indiquent deux études.

Chacune des deux équipes de recherche a considéré les effets indirects causés par le remplacement de champs et de forêts avec ces nouvelles cultures. C’est ce processus qui relâchera de grandes quantités de carbone dans l’atmosphère par la décomposition ou le brûlis de la végétation existante.

Les deux études, conduites indépendamment, ont estimé la « dette en carbone » que représenterait ces cultures pour biocarburants suivant les endroits, ainsi que le temps que cela prendrait pour que l’ensemble des gaz à effet de serre ainsi émis soit inférieur à ceux dus à l’utilisation de carburants fossiles : il serait de plusieurs décennies à plusieurs siècles dans certains cas.

Les auteurs suggèrent que l’utilisation de déchets de biomasse ou de cultures effectuées sur des surfaces agricoles non utilisées pourrait cependant éviter une grande partie de la dette de carbone.

« Land Clearing and the Biofuel Carbon Debt » par J. Fargione du The Nature Conservancy à Minneapolis, MN ; et J. Hill, D. Tilman, S. Polasky, P. Hawthorne de l’Université du Minnesota, St. Paul à St. Paul, MN.

« Use of U.S. Croplands For Biofuels Increases Greenhouse Gasses Through Emissions From Land Use Change » par T. Searchinger de l’Université Princeton à Princeton, NJ ; R. Heimlich de l’Agricultural Conservation Economics à Laurel, MD ; R.A. Houghton du Woods Hole Research Center à Falmouth, MA ; F. Dong, A. Elobeid, J. Fabiosa, S. Tokgoz, D. Hayes, et T-H. Yu de la Iowa State University à Ames, IA.

via Eurekalert

10 octobre 2007

USA: l'écosystème mis en péril par les biocarburants d'origine céréalière

Un rapport de l'association Environmental Defense tire la sonnette d'alarme à propos des impacts environnementaux des biocarburants d'origine céréalière. Selon ce rapport, la forte expansion de la filière bioéthanol dans les plaines centrales des Etats-Unis fait peser d'importantes menaces sur les réserves en eau souterraine et sur les écosystèmes des prairies tempérées.

Neuf bio-raffineries sont en construction, pour une capacité annuelle totale de 2420 millions de litres (contre 270 millions de litres actuellement), dans des secteurs du centre sud des Etats-Unis où l'aquifère des Hautes-Plaines (aussi appelé Ogallala) a accusé les plus fortes baisses piézométriques de son histoire dans les dernières décennies.

Cette vaste nappe souterraine (450.000 km2 à cheval sur 8 Etats) constitue la principale réserve en eau de ces secteurs pour les usages agricoles (irrigation) et industriels. Or, l'élaboration d'un litre de bioéthanol consomme entre 3 et 6 litres d'eau. Ce sont donc plus de 10 millions de mètres cubes d'eau qui seraient extraits chaque année des zones déjà vulnérabilisées de cette nappe, au Texas et dans le Kansas notamment.

En outre, on estime que l'implantation de ces nouvelles raffineries inciterait au développement de nouvelles cultures de maïs à proximité, ce qui aggraverait le problème, sachant que la production d'un quintal de maïs nécessite pratiquement un mètre cube d'eau d'irrigation dans les secteurs concernés, et inciterait à la mise en culture de vastes zones de prairies actuellement gelées par l'US Conservation Reserve Program (CRP).

Le CRP est un programme du Département de l'Agriculture qui assure un dédommagement aux agriculteurs acceptant de mettre en jachère des terres agricoles fragiles pendant une période contractuelle de 10 à 15 ans. Depuis son instauration, ce programme a permis de protéger près de 20.000 km2 de terres sensibles à l'érosion situées à l'aplomb de l'aquifère Ogallala. Or, selon une estimation de l'USDA, 15% de ces terres seraient susceptibles d'être remis en culture à l'échéance des contrats dans les 4 prochaines années.

L'association recommande la mise en oeuvre de mesures de protection plus efficaces pour les eaux et les sols vulnérables à l'accroissement de la production de matières premières pour les bio-raffineries et l'adoption de normes permettant de discriminer les biocarburants selon leur empreinte environnementale globale.


BE Etats-Unis numéro 93 (1/10/2007) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/51281.htm

19 septembre 2007

Espagne: de la graisse de poisson pour le biodiesel

Le Ministère pour l'Innovation et l'Industrie de Galice finance un projet de recherche sur l'utilisation de la graisse de poisson des industries de la conserverie dans l'élaboration du biodiesel. Pour l'instant, l'étude en est aux essais préliminaires. Le Centre Technologique National de Conservation des Produits de la Pêche (Anfaco Cecopesco) met à l'étude les avantages que la graisse de poisson trouvée dans les eaux résiduelles de l'industrie de la conserverie pourrait présenter pour la fabrication du biodiesel.

La chercheuse d'Anfaco-Cecopesca, Ana Belén Torres, affirme que son équipe est convaincue des bénéfices à tirer des huiles de conserverie. Selon elle, les effluents générés à certaines étapes du procesus d'élaboration des conserves de poisson pourraient présenter de grands avantages pour obtenir du biodiesel. En effet, ces huiles sont facilement séparables grâce à des méthodes physiques, et pour l'instant, elles ne sont destinées à aucune application industrielle.

"La création de nouveaux processus d'emploi des graisses d'origine animale permettra aux entreprises de transformation d'avoir plusieurs alternatives de valorisation de leurs résidus tout en obtenant un carburant écologique présentant de grands avantages environnementaux", précise la chercheuse.

Le travail de l'équipe d'Anfaco-Cecopesca commence par la récupération de la graisse. Ensuite, l'équipe purifie l'huile à travers un processus de centrifugation et d'évaporation. Une fois cela réalisé, les chercheurs mettent à l'étude le rendement de la production de biodiésel en fonction de variables déterminées (proportion d'alcool, température, temps de réaction). Une troisième étape réside dans l'analyse des propriétés du biodiesel obtenu pour évaluer sa qualité.

Les responsables du projet ont insisté sur l'importance de cette recherche. Si la production de biodiésel à partir d'huile de poisson s'avérait viable d'un point de vue technique et économique, elle supposerait une nouvelle forme de fabrication de biocarburant à partir d'un résidu qui pour l'instant n'est nullement exploité.

Pour l'instant, les chercheurs ont réalisé les premiers essais préliminaires qui leur permettront d'optimiser les processus et de commencer à analyser les paramètres de contrôle exigés pour le biodiésel commercial. Obtenir des résultats positifs dès cette première étape impliquerait que l'équipe de chercheurs se fixe de nouvelles phases de travail plus complexes et ambitieuses. Dans un premier temps, celles-ci exigeraient la réalisation d'études en laboratoire et des essais pilotes, ainsi qu'une analyse économique complète.

BE Espagne numéro 65 (19/09/2007) - Ambassade de France en Espagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/51044.htm

7 septembre 2007

La faim, la bagnole, le blé et nous

Une dénonciation des biocarburants

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Vous vous interrogez sur les biocarburants ? Cela tombe bien. Je publie le 3 octobre, chez Fayard, un livre intitulé : La faim, la bagnole, le blé et nous. Sous-titre : une dénonciation des biocarburants.

Je n’ai aucune raison de le cacher : c’est un livre de combat, car les biocarburants, arme de guerre et de mort, sont d’ores et déjà une tragédie planétaire.En France, un lobby surpuissant, caché au coeur même du ministère de l’Écologie, défend l’indéfendable : faire rouler des bagnoles avec des plantes alimentaires. Pour complaire à l’agriculture industrielle, le gouvernement s’apprête à sacrifier un million d’hectares de jachères, refuge pour l’heure de la biodiversité ordinaire, celle des oiseaux des champs et des petits mammifères. À quelques semaines du Grenelle de l’environnement, cette question est simplement explosive. Que pourra dire M.Borloo du rôle de l’Ademe et d’Agrice, tous deux abrités par son ministère ? Les discours sur la nature et la biodiversité sont justement cela : des discours. Pour les gogos.

Ailleurs dans le monde, c’est pire, infiniment. Le déferlement de plantations industrielles - palmier à huile, soja, canne à sucre - s’attaque aux ultimes forêts tropicales de la planète. L’Indonésie trucide ses derniers orangs-outans en faveur des biocarburants, sur des millions d’hectares. Des millions d’hectares. Le bassin du Congo, en Afrique, est gravement touché. L’Amazonie - le cerrado comme la forêt -, la Patagonie et sa pampa, se couvrent de soja, de canne à sucre industrielle et même d’arbres transgéniques, plus mous que ceux que nous connaissons. Pour en extraire plus facilement la cellulose, matière première de choix pour les biocarburants.

Plus dramatique que tout : la faim menace des dizaines de millions d’humains supplémentaires. Par une sinistre contagion, les prix des denrées alimentaires de base flambent. Tout a commencé aux États-Unis, premier producteur mondial de maïs. Le quart - le quart, oui ! - de cette production part dans des gigantesques bioraffineries, avant de rejoindre le moteur des 4X4. Un plein de bioarburants, dans ces énormes engins, représente la ration alimentaire annuelle de maïs pour un homme du Sud. Toute l’existence de base des paysans pauvres est déstabilisée par cette saloperie.

Et le plus inouï, c’est qu’à coup d’études tronquées, ou truquées, la propagande fait croire que les biocarburants seraient bons pour le climat. Je démontre dans mon livre, sans grande difficulté, que c’est tout le contraire. À qui profite ce crime écologique et social majeur ? À l’agriculture industrielle, qui a pris le pouvoir en Occident après 1945. Mais aussi à nous, qui ne parvenons pas à remettre en cause la place démentielle de la voiture individuelle dans nos vies. Au reste, de nombreux “écologistes”, que je m’autorise à critiquer sans hésiter, soutiennent cette grande manipulation de l’opinion. Je vous l’assure, et vous prie de me croire : ce livre a besoin de vous tous. Car il est un appel au secours en même temps qu’une invite à la révolte. Il faut tout de suite, tout de suite, arrêter l’infernal mécanisme. Pour ma part, bien au-delà de ce livre, je suis prêt. Et vous ?

Fabrice Nicolino

28 août 2007

Vietnam: l'éthanol biologique, une alternative à l'essence

Une usine spécialisée dans la production d'éthanol biologique va bientôt voir le jour dans la province de Tây Ninh (Sud). Pour construire cette usine d'une capacité annuelle de 50.000 tonnes par an, soit près de 220.000 litres d'éthanol biologique par jour, un investissement de 10 millions de dollars est nécessaire.

Ce projet est le fruit d'une coopération entre la Compagnie du sucre de Biên Hoà et la société Fair Energy Asia Ltd. Singapore, relevant du groupe Performance. "La mise en œuvre de ce projet intervient à un moment où le Vietnam doit trouver des solutions pour palier à l'épuisement des ressources fossiles, stimuler la production de combustibles propres et réduire l'effet de serre dont la cause principale est l'émission de CO2", a souligné Nguyên Xuân Trinh, directeur général de la Compagnie du sucre de Biên Hoà.

Par ailleurs, une autre usine de ce type est en cours de construction grâce aux investissements de la Compagnie de services et du tourisme Petrosetco (membre du Groupe gazo-pétrolier PetroVietnam) et du groupe japonais Itochu. Cette usine, d'un coût de 80 à 100 millions de dollars, se situe dans la zone industrielle de Hiêp Phuoc à Hô Chi Minh-Ville. Une fois opérationnelle au 1er trimestre 2009, elle sera en mesure de produire quelque 100 millions de litres d'éthanol par an à base de manioc. Petrosetco souhaite que cette coentreprise soit en mesure de satisfaire la moitié des besoins actuels en la matière du pays.

Dans le Centre, un autre projet de production d'éthanol, dont le maître d'ouvrage est la compagnie par actions Dông Xanh, vient d'être mis en chantier dans la zone industrielle de Dai Tân (district de Dai Lôc, province de Quang Nam). Sur une superficie de 16 ha, cette nouvelle usine sera mise en service l'an prochain. Environ 100.000 tonnes de manioc seront réservées à la production de carburant propre.

via

18 août 2007

Biocarburants ou eau: il faut choisir

Les biocarburants, largement préconisés pour remplacer les énergies fossiles et réduire les émissions de CO2, sont loin d'être la panacée selon des experts soulignant que leur production est très gourmande en eau, une ressource déjà limitée.
Ils redoutent également que la fabrication à grande échelle de ces carburants "verts", faits à partir de produits agricoles, se fasse au détriment de la production des aliments de base.

"Lorsque les gouvernements et les entreprises discutent de la solution des biocarburants, je pense que la question de l'eau n'est pas suffisamment prise en compte", a indiqué à l'AFP Johan Kuylenstierna, directeur de la Semaine mondiale de l'eau.

Ce congrès annuel est actuellement réuni pour sa 17e édition à Stockholm, en présence de quelque 2.500 experts du secteur de l'eau, venus du monde entier.

A l'avenir, "la production de nourriture va devoir augmenter, la consommation d'eau dans le secteur agricole va énormément augmenter et la production de biocarburants va augmenter. Du point de vue de l'eau, l'équation ne tient pas la route", a averti M. Kuylenstierna.

"D'où viendra l'eau servant à cultiver des aliments pour nourrir une population mondiale croissante si elle est détournée par la production de céréales servant aux biocarburants", s'est interrogé de son côté David Trouba, porte-parole l'Institut international de l'eau à Stockholm (SIWI).

Selon le SIWI, en 2050, la quantité d'eau nécessaire à la fabrication de biocarburants sera équivalente a celle requise par le secteur agricole pour nourrir l'ensemble de la population de la planète.

"Les biocarburants ne sont pas +la+ solution mais +une+ solution", a estimé M. Kuylenstierna.

Pour Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement, en Inde, les biocombustibles sont "une idée qui est bonne en théorie, mauvaise dans la pratique".

Selon cette experte influente, la priorité est d'aborder et de régler la question de la consommation de carburant.

Car il est "extrêmement idiot" d'imaginer qu'il sera possible à l'avenir de consommer autant de biocarburant que nous consommons actuellement de combustible fossile, a-t-elle estimé.

"Si nous voulons consacrer de l'eau (à la production de biocarburants), nous devons réduire la consommation des biocarburants. Par exemple, les destiner aux bus et non aux voitures", a-t-elle expliqué.

Au delà de la question de la limite de la disponibilité de l'eau, les experts craignent que la production à grande échelle des carburants "verts" entraîne une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base.

"La production de biocarburants pourrait devenir un important concurrent de la production de nourriture. Les prix mondiaux des aliments pourraient augmenter", explique M. Kuylenstierna.

Un avis partagé par Mme Narain qui dénonce la pression haussière sur les prix des aliments et cite en exemple "la guerre de la tortilla": l'augmentation aux Etats-Unis de la production d'éthanol à partir du maïs a provoqué début 2007 une hausse du prix du maïs sur le marché international et une hausse de celui de la "tortilla", galette de maïs largement consommée par les Mexicains.

L'éthanol est un biocarburant qui a été érigé au rang de priorité nationale aux Etats-Unis où il compte désormais pour 5% du volume total d'essence distribué.

Remplir un réservoir de 95 litres d'éthanol pur nécessite environ 200 kilos de maïs, c'est à dire assez de calories pour nourrir une personne pendant un an, relève le SIWI dans un dossier de presse.

source: AFP

12 août 2007

Des greenbox pour sauver la planète ?

Des chercheurs du Pays de Galles (Derek Palmer, Ian Houston et John Jones) ont mis au point la Greenbox, une boîte qui se fixe au niveau du pot catalytique et emprisonne les gaz à effet de serre, notamment le CO2 et les Nox, et rejette de la vapeur d’eau.

Plus de 130 tests ont été réalisés sur la Greenbox pendant deux ans dans plusieurs centres de tests, et tous auraient réussi à avoir un taux de capture entre 85 et 95%.

Le dioxyde de carbone ainsi capturé viendra nourrir des algues génétiquement modifiées qui, broyées, serviront à produire des biocarburants utilisables par les voitures flexi-fuel.

Concrètement, la "boîte verte" s’installe sous le véhicule afin de collecter le dioxyde de carbone et l’oxyde d’azote. Par contre, la greenbox ayant unbe capacité limitée, elle doit être échangée à chaque plein d'essence. Les boîtes contenant le CO2 doivent donc être collectées dans les stations essence avant acheminement vers des "bioréacteurs" où vidées de leur contenu elles nourriraient des algues pour produire du biocarburant.

Ce procédé aurait été découvert par erreur en essayant d’augmenter la croissance des algues pour l'élevage piscicole.

Selon les chercheurs, 400 hectares de culture d'algues seraient suffisants pour traiter l'ensemble des émissions produites par toutes les voitures de Grande-Bretagne.

Toyota et General Motors, les deux premiers producteurs de voitures au monde, pourraient être intéressés par cette invention.

source: Reuters

4 juillet 2007

Les biocarburants alimentent la hausse des prix agricoles

La progression de la demande de biocarburants entraîne une mutation radicale des marchés agricoles susceptible d’induire une hausse des prix mondiaux de nombreux produits agricoles, avertit un nouveau rapport publié aujourd'hui par la FAO et l’OCDE.

Selon les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2007-2016, des facteurs transitoires tels que les épisodes de sécheresse sévissant dans les régions productrices de blé ou le faible niveau des stocks expliquent dans une large mesure les récentes augmentations des prix agricoles.

Dans une optique de long terme, on constate que s’opèrent déjà des changements structurels qui, au cours des dix prochaines années, pourraient bien se traduire par le maintien de prix nominaux relativement élevés pour nombre de produits.

La diminution des excédents de production et la réduction des subventions à l’exportation viennent accentuer les évolutions de long terme que connaissent les marchés.

L’élément marquant est cependant l’utilisation de plus en plus grande qui est faite des céréales, du sucre, des graines oléagineuses et des huiles végétales pour produire des combustibles de substitution, de l’éthanol et du biogazole.

Ce mouvement de conversion conforte non seulement les prix des productions végétales, mais aussi, bien qu’indirectement à travers la hausse du coût des aliments du bétail, ceux des productions animales.

Aux Etats-Unis, la production annuelle d’éthanol à partir du maïs devrait doubler entre 2006 et 2016, tandis que dans l’Union européenne, les volumes d’oléagineux (principalement de colza) destinés à la production de biocarburants devraient passer d’un peu plus de 10 millions de tonnes à 21 millions de tonnes au cours de la même période.

Au Brésil, la production annuelle d’éthanol devrait atteindre quelque 44 milliards de litres d’ici 2016, contre 21 milliards de litres environ aujourd’hui. La Chine devrait voir sa production actuelled d'éthanol, de l’ordre de 2 milliards de litres, grimper jusqu’à 3,8 milliards de litres.

Le rapport montre que la hausse des prix des produits agricoles préoccupe tout particulièrement les pays importateurs nets, de même que les populations urbaines pauvres.

Si l’augmentation du prix des matières premières induite par l’accroissement de la production de biocarburants est favorable aux producteurs de cultures énergétiques, elle implique des coûts supplémentaires et une baisse de revenu pour les agriculteurs qui en ont besoin pour nourrir leur bétail.

3 juillet 2007

Projet SHAMASH: biocarburant issu de microalgues

Soutenu par l'ANR (Agence Nationale de la Recherche), le projet SHAMASH de l'INRIA a pour objectif de produire à l'horizon 2010, à partir de microalgues non OGM, 50 litres d'un biocarburant au rendement 30 fois supérieur à celui du colza.

Il s'agit donc d'évaluer la viabilité à la fois technique et économique d'une telle filière de production pour un marché potentiel évalué à 17 millions de m3 en Europe d'ici 3 à 4 ans. SHAMASH est à ce jour le seul projet français consacré à ce sujet. Il rassemble des chercheurs issus de différents établissements de recherche, dont le CNRS, le CIRAD, le CEA et l'IFREMER, au sein d'une équipe coordonnée par Olivier Bernard, chargé de recherche à l'INRIA.

"Nous devons déterminer, entre plusieurs millions, une espèce spécifique d'algues très productrice de lipides, qu'elle soit d'eau de mer ou d'eau douce", explique le coordinateur de cette équipe qui précise : "en construisant des modèles qui reproduisent le comportement des différentes espèces, nous pouvons faire en 15 secondes des expériences qui auraient pris deux mois, et identifier rapidement les conditions optimales pour stimuler la biosynthèse d'huiles". Il souligne que ce type de collaborations entre informatique et biologie contribuent à former de véritables spécialistes.

C'est une des conditions pour tenir sa place dans une compétition peu propice aux alliances internationales et soumise à la pression d'un marché en forte expansion. Pour autant, les promesses du secteur économique des biocarburants ne doivent pas faire oublier les principes de précaution. "Maîtrise des cultures, limitations des apports phytosanitaires, de solvants et autres produits d'extraction, valorisation des sous-produits, nous étudions tous les paramètres de ces cultures", précise Olivier Bernard.

source

16 juin 2007

Le Cea développe le biocarburant de demain

Une équipe d'une vingtaine de chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Grenoble et de Cadarache travaille sur un procédé visant à produire dès 2012 un litre de gazole avec deux kilos de bois.

"La première génération de biocarburants (production d'éthanol ou de diester) n'offre pas un rendement énergétique très convainquant car le surplus d'énergie produite est faible. Notre idée de base est, pour l'améliorer, d'exploiter la plante dans sa totalité, notamment le bois, les taillis, la paille et les déchets végétaux", explique Jacques Garnier, ingénieur responsable du projet à Grenoble.

L'ambition des chercheurs est d'arriver à produire 1 litre de gazole pour 70/80 centimes d'euro à partir de la lignocellulose, présente dans toutes les plantes. Le bois collecté subit d'abord un prétraitement (séchage, broyage, pyrolyse ou torréfaction). Il est, dans un second temps, gazéifié pendant quelques secondes à très haute température (1.500 degrés) au moyen d'une torche à plasma.

Le gaz obtenu, composé de monoxyde de carbone et d'hydrogène, est alors purifié et
utilisé pour la synthèse d'un carburant liquide.

Ce gazole est immédiatement utilisable dans un moteur diesel actuel et bien plus propre qu'un gazole à base de pétrole car ne contenant pas de soufre et n'émettant pas de gaz à effet de serre supplémentaire.

Le procédé développé par le CEA ne produit que peu de déchets (1% de la masse traitée) lesquels ne poseraient pas de problèmes. Cinq brevets ont d'ores et déjà été déposés et la production à l'échelle industrielle est envisagée pour 2015.

9 juin 2007

L'industrie de l'éthanol multiplie les infractions environnementales en Iowa

Les biocarburants sont l'une des alternatives aux carburants fossiles particulièrement mises en avant par les Etats-Unis. L'Iowa est devenu en quelques temps le premier Etat producteur de bioéthanol avec 1/3 des capacités de productions américaines. Il existe actuellement en Iowa 28 sites de production d'éthanol produisant 7,1 milliards de litres par an (et 19 sites équivalent à 5,3 milliards de litres par an en cours de construction) et 10 sites de production de biodiesel produisant 625 millions de litres par an (et 4 sites équivalent à 568 millions de litres par an en cours de construction).

Le développement de cette industrie ne se fait pas sans conséquences. Ainsi au cours des six dernières années, plus de 394 infractions aux réglementations environnementales ont été détectées dans l'Etat. Les problèmes sont multiples, puisque sont concernés les rejets dans l'air, l'eau et le sol. Le nombre d'installations concernées (22 sur 34) est également important.

Le problème le plus fréquent, détecté sur 11 installations, est le rejet d'effluents dont les concentrations en sels, fer et parfois en matière organique sont trop élevées. Ces effluents sont générés lors la purification de l'eau qui sera utilisée pour produire l'éthanol. Les émissions de polluants atmosphériques, et plus spécifiquement de particules (générées lors de la manipulation de la matière première, le maïs) et de composés organiques volatiles (générés lors de la fermentation et de la distillation de l'éthanol), dont certains sont carcinogènes, sont aussi un problème fréquent, détecté sur 6 sites.

A ces problèmes de rejets s'ajoutent celui de la consommation d'eau élevée de ces usines (3 à 4 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 litre d'éthanol) et les problèmes associés à l'augmentation des surfaces agricoles (érosion des sols, perte de biodiversité...). En Iowa ce seraient en effet 2000km2 de terrain, aujourd'hui mis en réserve à des fins de conservation environnementale dans le cadre du "Conservation Reserve Program", qui seraient reconvertis en terres agricoles dans les années à venir. Ces difficultés associées à la production de l'éthanol s'ajoutent aux questions qui se posent quant aux bénéfices réels du carburant (bilan énergétique du cycle de vie de l'éthanol, émission de volatils imbrûlés lors de la combustion).

BE Etats-Unis numéro 82 (8/06/2007) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/43162.htm

1 juin 2007

Japon: des algues pour produire de l'énergie

Le Japon a toujours souffert de sa petite superficie, notamment pour les terres arables. Malgré l'engouement du pays pour les bioénergies, l'opinion publique est réticente à l'idée de troquer la culture de denrées alimentaires contre celle de variétés à vocation énergétique. Différentes organisations ont cependant identifié les 4,5 millions de kilomètres carrés d'eaux territoriales comme étant un vrai réservoir de ressources énergétiques végétales. Les algues ont en effet un taux de fixation de carbone supérieur à celles des plantes terrestres (17,5 t/ha/an contre 5 à 10 t/ha/an pour la canne à sucre) et leur prix de production est plus faible que celui des cultures agraires. Deux initiatives récentes projettent ainsi d'utiliser les algues pour produire de l'énergie.

L'entreprise Tokyo Gas a développé un système permettant de récupérer les algues qui s'accumulent dans les ports pour produire du méthane. Actuellement les algues sont enlevées puis incinérées, ce qui nécessite 30 m3 de gaz de ville par tonne d'algues. Le nouveau procédé permet d'inverser la tendance et de générer 15 à 20 m3 de méthane par tonne d'algues fermentées. Le méthane est ensuite mélangé à du gaz de ville pour produire approximativement 6 kWh d'électricité. Les pertes de chaleur sont de plus recyclées pour chauffer les bassins de fermentation. Un dispositif permettant de transformer 20 à 50 tonnes d'algues par jour coûte plus de mille milliards de yens (6,25 milliards d'euros) mais la compagnie compte vendre aux municipalités des équipements ayant une capacité journalière de 30 à 300 tonnes.

La Tokyo Fisheries Promotion Foundation a présenté ce mois-ci un projet de production de bioéthanol à partir d'algues brunes. Des algues cultivées sur des filets flottants seront récoltées puis transportées dans des usines off-shore de production de bioéthanol. En utilisant 1 à 2% de la superficie maritime japonaise, il serait possible de récupérer 150 millions de tonnes d'algues équivalant à 4 millions de tonnes de bioéthanol par an. La production de bioéthanol à partir d'algues ne nécessitant pas de développement technique spécifique, la fondation souhaite mettre en place un projet pilote financé par le gouvernement en 2008 puis étendre cette activité aux entrepreneurs privés et aux collectivités locales à partir de 2013. Il apparaît cependant capital d'étudier les éventuels impacts sur l'écosystème et déterminer au préalable les zones de cultures qui ne nuiront ni à la pêche ni au transport maritime.

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