environnement, énergies renouvelables, commerce équitable

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11 mai 2008

Moins de résidus de pesticides relevés dans les fruits et légumes en 2006

La DGCCRF réalise chaque années plusieurs plans de surveillance et de contrôle pour vérifier le respect de la réglementation relative aux résidus de pesticides dans les produits d'origine végétale.

Le programme 2006 a conduit à l'analyse de 4 749 échantillons de fruits et légumes frais ou transformés, de céréales et de produits végétaux bio mis sur le marché français, dont 3 468 dans le cadre du plan de surveillance. La répartition des échantillons selon leur origine est la suivante : 70 % sont d'origine française, 16,1 % ont pour origine l'Union européenne et 13,9% sont importés de pays tiers. Les analyses permettent de rechercher et de doser 279 matières actives. Les molécules les plus souvent retrouvées sont des insecticides et des fongicides.

Le plan de surveillance a porté sur 3 925 échantillons

S'agissant des résultats du plan de surveillance des fruits et légumes (3468 échantillons incluant 49 échantillons de thés, d’infusions, d’épices et de plantes à sucre), 55,6 % des échantillons ne contiennent pas de résidus. Des teneurs inférieures à la limite maximale de résidus (LMR) ont été détectées pour 38,4 % des échantillons. 94 % des fruits et légumes analysés respectent donc la réglementation. Les LMR ont été dépassées dans 6 % des cas (3% en ne considérant que les dépassements des LMR communautaires).

Parmi les légumes, 65,2 % ne contiennent pas de résidus et en moyenne 6,3 % sont non conformes. Les dépassements concernent essentiellement les poivrons et piments, les lentilles et les aubergines. A l'inverse, les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne (en ne considérant que les légumes pour lesquels le nombre d'échantillons analysés est représentatif).

Quant aux fruits, 35,9 % ne contiennent pas de résidus et en moyenne 5,5 % sont non conformes. Les dépassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines, les poires. A l'inverse, les oranges, les avocats et les pommes ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne (en ne considérant que les fruits pour lesquels le nombre d'échantillons analysés est représentatif).

Les contrôles de la production biologique (de fruits et légumes) ont porté sur 282 échantillons, avec un taux de non conformité de 1,42 % (0% en ne considérant que les dépassements des LMR communautaires).

Enfin, aucune non conformité n’a été décelée sur les 49 échantillons de thés, d’infusions, d’épices et de plantes à sucre.

Les céréales et les produits céréaliers présentent 0,4 % de non conformités sur 255 échantillons.

Concernant les produits transformés, sur 202 échantillons prélevés 1,48 % sont non conformes.
Le plan de contrôle a été principalement orienté sur les carottes, les endives, les fruits rouges, les poireaux, les salades et les tomates. Il a porté également sur les non-conformités résultant des alertes communautaires ; à ce titre, 824 échantillons ont été prélevés : 10,4 % des échantillons ont dépassé les LMR.

12 avril 2008

Le Golf du Mexique sous la menace de l'éthanol

L'essor de la production d'éthanol aux Etats-Unis va compromettre les objectifs de lutte contre l'eutrophisation dans le Golfe du Mexique, selon une étude publiée le 10 mars sur le site des Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS).

Une étude réalisée par Simon Donner (Université de Columbia) et Christopher Kucharik (Université de Wisconsin) simule l'impact environnemental que provoquera l'extension des cultures de maïs si les Etats-Unis triplent leur production d'éthanol d'ici 2022 (560 millions d'hectolitres) comme le propose le Sénat américain. Les modèles mathématiques utilisés concluent que la pollution azotée qui affecte le Mississipi et ses affluents augmentera de 34 %. Les engrais utilisés dans des États de la Corn Belt comme l'Illinois, l'Iowa, le Nebraska ou le Wisconsin, en constituent la première cause. Or, ces engrais azotés qui ruissellent dans les rivières avant de se jeter sous formes de nitrates dans le Golfe du Mexique favorisent le développement d'algues dont la décomposition absorbe l'oxygène dissous dans l'eau, créant une « zone morte », selon l'expression de Simon Donner. Cette eutrophisation rend l’eau du Golfe impropre à la vie des écosystèmes aquatiques, provoquant la mort des organismes sédentaires et la fuite des poissons. Ce phénomène a aussi d’importantes répercussions sur la pêche, mais celle-ci est malheureusement économiquement moins importante que la production de carburant…

Observé depuis plusieurs dizaines d'années, ce phénomène couvre déjà 20 000 km2 du Golf du Mexique. L'étude démontre qu'en l'absence de changement d'orientation de la politique agricole il s'amplifierait.

23 février 2008

Les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique

Les 16.000 avions commerciaux à réacteurs en activité dans le monde émettent en un an presque autant de dioxyde de carbone, vecteur du réchauffement climatique, que toutes les activités humaines en Afrique sur la même période selon un rapport de l'Onu.

Les avions commerciaux du monde produisent 600 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone par an, indique ce rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue) présenté mercredi à l'occasion d'une session extraordinaire de cette organisation, consacrée au financement du "défi climatique".

Le rapport souligne que les émissions de CO2 en provenance du secteur de l'aviation sont "de plus en plus abondantes et rapides".

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre émis par les avions, qui produisent également de la vapeur d'eau et de l'oxyde nitreux.

Une centaine de ministres de l'Environnement sont réunis jusqu'à vendredi à Monaco en compagnie d'experts, scientifiques et décideurs économiques dans le cadre de cette session du Pnue dont le siège est à Nairobi.

source: AFP

8 février 2008

Les promesses non tenues des biocarburants

Le remplacement des énergies fossiles par de l’éthanol et d’autres « biocarburants » issus des plantes a été prôné comme un moyen prometteur de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais les cultures envisagées pour cela augmentent en fait la quantité de carbone rentrant dans l’atmosphère indiquent deux études.

Chacune des deux équipes de recherche a considéré les effets indirects causés par le remplacement de champs et de forêts avec ces nouvelles cultures. C’est ce processus qui relâchera de grandes quantités de carbone dans l’atmosphère par la décomposition ou le brûlis de la végétation existante.

Les deux études, conduites indépendamment, ont estimé la « dette en carbone » que représenterait ces cultures pour biocarburants suivant les endroits, ainsi que le temps que cela prendrait pour que l’ensemble des gaz à effet de serre ainsi émis soit inférieur à ceux dus à l’utilisation de carburants fossiles : il serait de plusieurs décennies à plusieurs siècles dans certains cas.

Les auteurs suggèrent que l’utilisation de déchets de biomasse ou de cultures effectuées sur des surfaces agricoles non utilisées pourrait cependant éviter une grande partie de la dette de carbone.

« Land Clearing and the Biofuel Carbon Debt » par J. Fargione du The Nature Conservancy à Minneapolis, MN ; et J. Hill, D. Tilman, S. Polasky, P. Hawthorne de l’Université du Minnesota, St. Paul à St. Paul, MN.

« Use of U.S. Croplands For Biofuels Increases Greenhouse Gasses Through Emissions From Land Use Change » par T. Searchinger de l’Université Princeton à Princeton, NJ ; R. Heimlich de l’Agricultural Conservation Economics à Laurel, MD ; R.A. Houghton du Woods Hole Research Center à Falmouth, MA ; F. Dong, A. Elobeid, J. Fabiosa, S. Tokgoz, D. Hayes, et T-H. Yu de la Iowa State University à Ames, IA.

via Eurekalert

25 octobre 2007

Le SER s'interroge sur les "contre-vérité" du rapport Syrota

Le Syndicat des Energies Renouvelables a publié la semaine dernière un communiqué de presse dans lequel il s'interroge sur la "contre-vérité flagrante" en matière d'énergie solaire contenue dans le rapport du Centre d'Analyse Stratégique présidé par Jean Syrota sur les perspectives énergétiques de la France et publié le 9 octobre dernier.

Le CAS y affirme que le solaire photovoltaïque émet plus de CO2 qu'il n'en économise sur sa durée de vie. Or, toutes les études et notamment celle de l'Agence de l'Energie de mai 2006, démontrent qu'une installation solaire photovoltaïque raccordée au réseau rembourse l'énergie nécessaire à sa fabrication et à son installation dans une période entre deux à quatre ans pour une durée de vie comprise entre 25 et 30 ans, souligne le SER.

Cette "manipulation des informations, du point de vue des émissions de CO2, a particulièrement choqué les professionnels du secteur" et "conduit à s'interroger sur la pertinence de l'ensemble (des) analyses" du rapport, conclut le SER.

10 octobre 2007

USA: l'écosystème mis en péril par les biocarburants d'origine céréalière

Un rapport de l'association Environmental Defense tire la sonnette d'alarme à propos des impacts environnementaux des biocarburants d'origine céréalière. Selon ce rapport, la forte expansion de la filière bioéthanol dans les plaines centrales des Etats-Unis fait peser d'importantes menaces sur les réserves en eau souterraine et sur les écosystèmes des prairies tempérées.

Neuf bio-raffineries sont en construction, pour une capacité annuelle totale de 2420 millions de litres (contre 270 millions de litres actuellement), dans des secteurs du centre sud des Etats-Unis où l'aquifère des Hautes-Plaines (aussi appelé Ogallala) a accusé les plus fortes baisses piézométriques de son histoire dans les dernières décennies.

Cette vaste nappe souterraine (450.000 km2 à cheval sur 8 Etats) constitue la principale réserve en eau de ces secteurs pour les usages agricoles (irrigation) et industriels. Or, l'élaboration d'un litre de bioéthanol consomme entre 3 et 6 litres d'eau. Ce sont donc plus de 10 millions de mètres cubes d'eau qui seraient extraits chaque année des zones déjà vulnérabilisées de cette nappe, au Texas et dans le Kansas notamment.

En outre, on estime que l'implantation de ces nouvelles raffineries inciterait au développement de nouvelles cultures de maïs à proximité, ce qui aggraverait le problème, sachant que la production d'un quintal de maïs nécessite pratiquement un mètre cube d'eau d'irrigation dans les secteurs concernés, et inciterait à la mise en culture de vastes zones de prairies actuellement gelées par l'US Conservation Reserve Program (CRP).

Le CRP est un programme du Département de l'Agriculture qui assure un dédommagement aux agriculteurs acceptant de mettre en jachère des terres agricoles fragiles pendant une période contractuelle de 10 à 15 ans. Depuis son instauration, ce programme a permis de protéger près de 20.000 km2 de terres sensibles à l'érosion situées à l'aplomb de l'aquifère Ogallala. Or, selon une estimation de l'USDA, 15% de ces terres seraient susceptibles d'être remis en culture à l'échéance des contrats dans les 4 prochaines années.

L'association recommande la mise en oeuvre de mesures de protection plus efficaces pour les eaux et les sols vulnérables à l'accroissement de la production de matières premières pour les bio-raffineries et l'adoption de normes permettant de discriminer les biocarburants selon leur empreinte environnementale globale.


BE Etats-Unis numéro 93 (1/10/2007) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/51281.htm

8 août 2007

L'irrésistible ascension de l'éléctricité solaire

Selon une étude d'Eurostaf publiée par Les Echos, d'ici à 2020, la capacité de production mondiale d'énergie solaire devrait être multipliée par 18.

Depuis 2002, l'énergie produite par les cellules photovoltaïques a connu une progression de près de 40% par an et représente aujourd'hui un marché de 7 milliards d'euros, avec en prespective une croissance à un rythme aussi soutenu pour les prochaines années...de quoi expliquer la frénésie boursière sur les valeurs telles qu' EDF Energies Nouvelles et consorts !

Les prévisions d'Eurostaf évaluent l'énergie produite annuellement à 41 200 gigawattheures (GWh) en 2015 et 66 400 GWh en 2020. La capacité mondiale de production d'énergie solaire devrait augmenter de 3 700 mégawatts crête (MWc) en 2005 à 66 000 MWc en 2020.

En 2006, le marché européen du solaire thermique a dépassé la barre des 3 millions de m2 de capteurs. L'Allemagne reste le leader du marché mondial du solaire et concentre avec le Japon et les Etats-Unis environ 90 % de la puissance photovoltaïque totale installée dans le monde. Malgré tout, la France est le pays européen connaissant la plus forte croissance dans ce secteur grâce notamment (surtout ?) à une politique volontariste de l'Etat.

8 juillet 2007

BP prévoit la fin du pétrole dans 40 ans

Dans son rapport annuel, le groupe pétrolier BP envisage l'épuisement des ressources pétrolières d'ici 2048. Comme chaque année, BP dresse un tableau de l'évolution de la consommation mondiale en matière d'énergies.

Malgré des prix élevés et volatils, la consommation globale en 2006 n'a cessé de croître dans le monde, atteignant une croissance des énergies primaires de 2,4%. Un chiffre inférieur à la consommation relevée en 2005, mais qui reste supérieur à la croissance moyenne de la décennie précédente.

Le rapport note la plus forte progression pour la consommation de charbon : +4,5% sur l'année. Une hausse principalement imputable à la Chine, qui représente 39% de la consommation de charbon au monde, et atteint 15% de la consommation énergétique mondiale toute ressources confondues.

Pour les pays développés, la hausse de la consommation s'observe principalement dans le domaine du nucléaire. L'atome enregistre une augmentation de 1,4% à l'échelle mondiale. Les deux tiers de cette consommation sont attribuables aux pays de l'OCDE.

Le gaz reste malgré tout l'énergie primaire dominante en Europe et le charbon en Asie. Au niveau mondial, le pétrole garde la tête des énergies utilisées. IL connaît néanmoins une diminution inédite de sa consommation, puisqu'il enregistre une hausse de 0,7% en 2005, soit la moitié de sa croissance annuelle moyenne des dix dernières années.

L'élévation du prix du baril n'a pas empêché la Chine d'alimenter son appétit énergétique : +7% de pétrole consommé en 2006.

Par ailleurs, BP relève une stagnation des réserves de pétrole sur la même année, et prévoit un épuisement des réserves dans 40 années et demi au rythme actuel de la production. L'épuisement progressif des réserves va de paire avec la hausse des coûts d'exploration.

Enfin, le rapport note un développement rapide des énergies alternatives, éolien et solaire notamment. Mais malgré une croissance de l'ordre de 25% en 2006, les éoliennes ne dépassent pas les 1% de la part d'éléctricité produite dans le monde, le solaire encore moins.

4 juillet 2007

Les biocarburants alimentent la hausse des prix agricoles

La progression de la demande de biocarburants entraîne une mutation radicale des marchés agricoles susceptible d’induire une hausse des prix mondiaux de nombreux produits agricoles, avertit un nouveau rapport publié aujourd'hui par la FAO et l’OCDE.

Selon les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2007-2016, des facteurs transitoires tels que les épisodes de sécheresse sévissant dans les régions productrices de blé ou le faible niveau des stocks expliquent dans une large mesure les récentes augmentations des prix agricoles.

Dans une optique de long terme, on constate que s’opèrent déjà des changements structurels qui, au cours des dix prochaines années, pourraient bien se traduire par le maintien de prix nominaux relativement élevés pour nombre de produits.

La diminution des excédents de production et la réduction des subventions à l’exportation viennent accentuer les évolutions de long terme que connaissent les marchés.

L’élément marquant est cependant l’utilisation de plus en plus grande qui est faite des céréales, du sucre, des graines oléagineuses et des huiles végétales pour produire des combustibles de substitution, de l’éthanol et du biogazole.

Ce mouvement de conversion conforte non seulement les prix des productions végétales, mais aussi, bien qu’indirectement à travers la hausse du coût des aliments du bétail, ceux des productions animales.

Aux Etats-Unis, la production annuelle d’éthanol à partir du maïs devrait doubler entre 2006 et 2016, tandis que dans l’Union européenne, les volumes d’oléagineux (principalement de colza) destinés à la production de biocarburants devraient passer d’un peu plus de 10 millions de tonnes à 21 millions de tonnes au cours de la même période.

Au Brésil, la production annuelle d’éthanol devrait atteindre quelque 44 milliards de litres d’ici 2016, contre 21 milliards de litres environ aujourd’hui. La Chine devrait voir sa production actuelled d'éthanol, de l’ordre de 2 milliards de litres, grimper jusqu’à 3,8 milliards de litres.

Le rapport montre que la hausse des prix des produits agricoles préoccupe tout particulièrement les pays importateurs nets, de même que les populations urbaines pauvres.

Si l’augmentation du prix des matières premières induite par l’accroissement de la production de biocarburants est favorable aux producteurs de cultures énergétiques, elle implique des coûts supplémentaires et une baisse de revenu pour les agriculteurs qui en ont besoin pour nourrir leur bétail.

14 juin 2007

Les gaz à effet de serre ont diminué dans l'UE en 2005

Selon le rapport d’inventaire annuel des émissions de gaz à effet de serre de la Communauté européenne, établi par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), installée à Copenhague, les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du changement climatique ont diminué entre 2004 et 2005.

La Communauté européenne a présenté son rapport officiel, intitulé Annual European Community Greenhouse gas inventory 1990-2005 and inventory report 2007 (Inventaire annuel des gaz à effet de serre 1990-2005 de la Communauté européenne et rapport d'inventaire 2007) au Secrétariat de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). L’AEE a publié les premières conclusions du rapport de manière provisoire en mai 2007, en raison de l’intérêt public et politique pour la question du changement climatique. La version finale de ce rapport a été présentée à la CCNUCC le 27 mai 2007.

Les points clés du rapport final sont les suivants :

UE-15: Les émissions de GES ont diminué de 0,8% (35,2 millions de tonnes d’équivalent CO2) entre 2004 et 2005, principalement en raison d’une diminution des émissions de CO2 de 0,7 % (26 millions de tonnes).
UE-15: Les émissions de GES ont diminué de 2,0% en 2005 par rapport à l’année de base[1] retenue au titre du protocole de Kyoto.
UE-15: Les émissions de GES ont diminué de 1,5% entre 1990 et 2005.
UE-27: Les émissions de GES ont diminué de 0,7% (37,9 millions de tonnes d’équivalent CO2) entre 2004 et 2005.
UE-27: Les émissions de GES ont diminué de 7,9% par rapport aux niveaux de 1990.

[1] Pour l’UE-15, l’année de base retenue au titre du protocole de Kyoto est 1990 pour la plupart des gaz à effet de serre, mais presque tous les États membres utilisent 1995 comme année de base pour les gaz fluorés.

Dans quels pays de l’UE-15 les plus fortes diminutions des émissions de GES ont-elles été constatées?

L’Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas ont le plus contribué à la réduction des émissions dans l’UE-15 (voir le tableau dans les Notes à l’intention de l’éditeur). La réduction des émissions de CO2 a engendré une diminution de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre dans ces pays.

L’Allemagne a réduit ses émissions de 2,3%, soit 23,5 millions de tonnes d’équivalent CO2: le passage du charbon au gaz dans la production centralisée d’électricité et le chauffage urbain a été l’une des principales raisons de la diminution des émissions. De plus, les émissions du transport routier et des ménages et services ont diminué de manière substantielle.

La Finlande a réduit ses émissions de 14,6%, soit 11,9 millions de tonnes d’équivalent CO2: les réductions des émissions résultent principalement d’une large diminution de l’utilisation de combustibles fossiles dans la production centralisée d’électricité et le chauffage urbain, grâce en grande partie à des importations d’électricité. L’utilisation de charbon, en particulier, a baissé.

Les Pays-Bas ont réduit leurs émissions de 2,9%, soit 6,3 millions de tonnes d’équivalent CO2: la production centralisée d’électricité et le chauffage urbain ont utilisé moins de combustible fossile. Les secteurs résidentiel et tertiaire ont consommé moins de combustible en raison d’un hiver plus doux.

Les autres pays de l’UE-15 qui ont vu leurs émissions diminuer entre 2004 et 2005 sont: la Belgique, le Danemark, la France, le Luxembourg, la Suède et le Royaume-Uni.

Quels sont les secteurs qui ont le plus contribué aux diminutions des GES?

Les principaux secteurs ayant contribué à la baisse des émissions dans l’UE-15 entre 2004 et 2005 sont la production centralisée d’électricité et le chauffage urbain, les secteurs résidentiel et tertiaire, ainsi que les transports routiers.

Les émissions de CO2 dues à la production centralisée d’électricité et au chauffage urbain ont diminué de 0,9% (-9,6 millions de tonnes), essentiellement grâce à une réduction de la dépendance au charbon.

Les émissions de CO2 des secteurs résidentiel et tertiaire ont diminué de 1,7 % (7,0 millions de tonnes). L’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-bas ont fait état d’importantes réductions des émissions des secteurs résidentiel et tertiaire. De manière générale, cette diminution résulte de conditions météorologiques plus clémentes (hiver plus doux) que l’année précédente.

Les émissions de CO2 dans le secteur des transports routiers ont diminué de 0,8% (6 millions de tonnes). Ce résultat est attribué principalement à l’Allemagne. Il est dû à l'augmentation de la proportion de voitures équipées d'un moteur diesel, à l’écotaxe et à l’achat de carburant en dehors de l’Allemagne (« tourisme à la pompe »).

Quels sont les pays de l’UE-15 qui ont connu les plus fortes augmentations des émissions de GES?

En termes absolus, l’Espagne est le pays dans lequel les émissions de gaz à effet de serre ont le plus augmenté entre 2004 et 2005 (voir le tableau dans les Notes à l’intention de l’éditeur).

En Espagne, la hausse des émissions de gaz à effet de serre de 3,6%, soit 15,4 millions de tonnes d’équivalent CO2, est principalement imputable à la production centralisée d’électricité et au chauffage urbain. Cette évolution résulte d'une augmentation de la production des centrales thermiques à sources d’énergie fossile (17 %) et d'une diminution de la production des usines hydroélectriques (-33 %).

Les autres pays de l’UE-15 qui ont vu leurs émissions augmenter entre 2004 et 2005 sont l’Autriche, la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Portugal.

21 mai 2007

Palmarès 2006 de l'Ademe: la voiture propre avance

La France, avec une moyenne de rejet par véhicule de 149 g CO2/km, figure au 4è rang des bons élèves en Europe derrière le Portugal, l'Espagne et l'Italie (de 143 à 149 g), phénomène que l'Ademe explique par la prépondérance dans les pays du sud des petits véhicules et du diesel (émetteur de 20% de CO2 de moins que l’essence).

"Une voiture vendue aujourd'hui pollue deux fois moins qu'il y a cinq ans", se réjouit même Patrick Coroller, responsable du département Transport à l'Ademe. "Pour la première fois, la moyenne des émissions des véhicules vendus en 2006 passe sous la barre des 150 grammes" de dioxyde de carbone émis au kilomètre.

Selon l'Ademe, 47% des véhicules vendus l'an passé appartiennent aux classes auto dites "vertes" (étiquettes A, B et C) émettant moins de 140 grammes de CO2 au kilomètre : c'est 5 points de mieux par rapport à 2005, 18 par rapport à 2002.

A l'inverse, les voitures plus gourmandes des classes "rouges" (E, F et G), émettant de 161 à plus de 250 gCO2/km, ne représentent plus qu'un quart du marché, soit une baisse de 7 points en cinq ans.

Globalement, la moyenne européenne des émissions de CO2 a baissé de 25 g en 10 ans, pour passer de 185 à 160 g au kilomètre malgré un engagement volontaire des constructeurs à ne pas dépasser 140 g en 2008.

Malgré tout, les constructeurs français obtiennent de bons résultats en termes d'émissions pour les véhicules neufs vendus l'an passé: PSA arrive en tête avec une moyenne de 140 gCO2/km (- 5 gr en un an), suivi par Renault à 144.

En tête du classement, et ce pour la 3ème année consécutive, la Smart For Two (101 g/km) pour la catégorie diesel, suivie par deux versions de la VW Polo et par la Citroën C1. Dans la catégorie essence, Prius hybride de Toyota (104 g/km), dont les ventes ont doublé en un an demeure indétrônable et devance la C1 et la Peugeot 107 (109 g/km).

Cela étant, acheter un véhicule peu polluant, même si c'est importantest important, n’est pas suffisant. Depuis 1990, les rejets engendrés par les transports ont progressé de 22%, et l'avenir ne s'annonce guère prometteur à l'instar d'une politique fiscale peu incitative pour les voitures considérées "propres" (la peu dissuasive taxe sur les voitures polluantes).

Il faut avant tout privilégier les transports en commun, mutualiser ses déplacements , limiter ses déplacements ...

24 avril 2007

L'éthanol plus polluant que l'essence ?

Les voitures et camions roulant à l'éthanol seraient plus polluants que les véhicules n'utilisant que de l'essence, provoquant davantage de maladies et de décès, selon une étude publiée aux Etats-Unis.

Mis en avant pour ses émissions de CO2 réduites voire neutres, l’E85 est régulièrement présenté comme la solution pour lutter contre l'effet de serre et pour fournir l'alternative à la fin prévisible du pétrole.

L'étude de Mark Jacobson, un spécialiste des sciences atmosphériques de l'université Stanford en Californie, compare deux scénarios différents. Le premier correspond à un parc automobile roulant entièrement à l'essence en 2020 et le second avec un carburant appelé E85 constitué à 85 % d'éthanol et 15 % d'essence. Les modèles de pollution appliqués à ces deux cas de figure montrent que le scénario éthanol pourrait se traduire par une augmentation des taux d'ozone très conséquents dans certaines régions comme à Los Angeles, où l'impact de la pollution automobile est amplifié par le relief et le climat. La mortalité devrait augmenter de 4 % sur l'ensemble des États-Unis selon les auteurs de cette recherche qui paraît dans la dernière édition de la revue Environmental Science & Technology.

L'éthanol, produit surtout actuellement à partir du maïs, offre le potentiel selon l'administration Bush de réduire la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis du pétrole étranger tout en réduisant la pollution.

En France, l'Institut français du pétrole (IFP) et l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) devraient publier en septembre les résultats de la première étude française sur le bio éthanol en tant que carburant...

21 avril 2007

Un réseau transeuropéen d'électricité verte: c'est possible !

Un réseau d'électricité permettant de relier entre elles les sources de production renouvelables et en partie décentralisées dans toute l'Europe (voire en Afrique et en Asie) et capable de couvrir la demande européenne en électricité : c'est le concept avancé dans son travail de thèse, par Gregor Czisch, scientifique à l'Université de Kassel.

"Cela est déjà techniquement possible et à long terme plus avantageux économiquement que l'approvisionnement conventionnel d'électricité. Une exploitation habile des énergies renouvelables pourrait permettre de transformer les coûts, liés à la lutte contre le changement climatique, en bénéfices".

M. Czisch a étudié divers scénarios pour l'approvisionnement de l'Europe et de ses voisins en électricité non carbonée. L'objectif a consisté à déterminer la solution économique optimale pour un territoire d'environ 1,1 Mrd d'habitants et une consommation de près de 4.000 TWh par an. Les scénarios montrent qu'une coopération internationale rendrait économiquement réalisable un approvisionnement électrique d'origine exclusivement renouvelable même dans des hypothèses conservatives.

Le groupe énergétique allemand EnBW s'intéresse apparemment à ce concept original de réseau écologique transeuropéen.

source

15 mars 2007

Etats-Unis: le potentiel de la géothermie profonde

Un groupe de travail composé de scientifiques, d'industriels et de représentants du gouvernement vient de produire un rapport sur l'avenir de la géothermie profonde (Enhanced Geothermal Systems - EGS) aux Etats-Unis. Selon ce rapport, un investissement public de R&D de l'ordre de 1 milliard de dollars permettrait de vaincre les obstacles technologiques qui s'opposent encore à la valorisation à grande échelle de cette source énergétique. Le potentiel de la géothermie profonde à l'horizon 2050 correspondrait à 100 gigawatts, soit 10% de la puissance électrique installée actuellement aux Etats-Unis.

La géothermie profonde consiste à exploiter des formations géologiques profondes (de 3 à 10 km), notamment des dômes granitiques, comme des échangeurs de chaleur. La fracturation naturelle de la roche est développée et utilisée pour réchauffer de l'eau introduite dans des puits d'injections et dont une fraction est récupérée dans des puits d'extraction. La technologie HDR (Hot Dry Rocks) est ainsi exploitée dans l'installation pilote de Soultz-sous-Forêts en Alsace.

Selon les auteurs, le développement massif de la géothermie profonde permettrait aux Etats-Unis de s'affranchir d'une partie de leur dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et de s'affranchir des contraintes environnementales et technologiques qui limitent la mise en valeur des gisements éoliens et solaires. Par ailleurs, les technologies actuelles permettent d'envisager l'exploitation de fluides de basse enthalpie. Des EGS pourraient être ainsi installés sur l'ensemble du territoire des Etats-Unis et non pas seulement les "points chauds". Une analyse technico-économique sur 7 sites candidats montre que le coût du kilowattheure s'établirait entre 12,7 et 104,9 cents dans la phase de développement et entre 3,6 et 9,2 cents dans la phase de production.

Parmi les recommandations du panel figurent le lancement d'un programme national "agressif" impliquant les agences fédérales, notamment le DoE et l'USGS, le développement de projets pilotes en marge d'installations géothermiques et pétrolières existantes, la mise en place de politiques fiscales incitatives et la participation des Etats-Unis aux projets internationaux de Cooper Basin (Australie) et Soultz-sous-Forêts (France).

source

14 mars 2007

Une étude tend à démontrer la toxicité du maïs OGM de Monsanto

Les Verts et Cap 21 ont demandé une nouvelle fois mardi l'arrêt de la culture d'OGM en plein champ, à la suite des nouvelles informations mettant en cause le maïs génétiquement modifié de la société américaine Monsanto.

Une étude du Crii-gen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique), financée partiellement par Greenpeace et publiée dans la revue américaine Archives of Environmental Contamination and Toxicology, met en évidence que la consommation d'OGM entraîne chez les rats des perturbations sur les "filtres" que représentent le foie et les reins.

En 2004, pour obtenir l'homologation de son maïs, Monsanto commande une étude toxicologique sur 400 rats. En août 2005, les résultats indiquent qu'il existe des effets sur les rongeurs, mais Monsanto les juge «non significatifs».

Alertée, l'association Greenpeace se procure, par voie judiciaire, les données brutes de l'étude, soit plus d'un millier de pages. Elle les confie au Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique, présidé par Gilles-Eric Séralini, qui les épluche à nouveau. Mais voilà, l'analyse diffère profondément...

Cette étude confirme ce que les Verts s'évertuent à dire depuis des années, note le parti écologiste dans un communiqué. Il souligne que l'innocuité supposée des OGM pour la santé et l' environnement est "une supercherie dangereuse", les tests menés jusqu'à présent par les firmes étant "faussés par les intérêts commerciaux des semenciers".

Les Verts demandent "l'arrêt immédiat de la culture d'OGM en plein champ" ainsi que la suspension des poursuites contre les faucheurs volontaires, dont les actes "relèvent de la salubrité publique et non pas de la délinquance".

Cap 21, le parti de Corinne Lepage, demande pour sa part un retrait du maïs OGM concerné par l'expertise. Il demande aussi l'application d'un moratoire sur les cultures en plein champ, "la généralisation des études sur la santé avant commercialisation, la publication de toutes les études existantes et le lancement d'une vaste expertise publique".

21 février 2007

Dissémination record d'OGM dans le monde en 2006 selon un rapport de Greenpeace et de Genewatch

Greenpeace et l'association britannique Genewatch publient aujourd'hui leur deuxième rapport intitulé « The GM contamination register report ».

Ce rapport recense tous les cas de contamination enregistrés partout dans le monde et est disponible sur www.greenpeace.fr et aussi sur www.gmcontaminationregister.org. Ce site constitue une base de données globale, accessible grâce à un moteur de recherches, qui détaille 142 cas de disséminations involontaires, plantations illégales et dommages à l'agriculture liés aux cultures OGM, enregistrés dans le monde depuis l'introduction des premières cultures transgéniques en plein champ, il y a dix ans. Y sont présentés les cas de contamination à partir de cultures commerciales et ceux qui proviennent de parcelles expérimentales, qui peuvent aussi bien être à l'origine d'une pollution mondiale, comme ce fut le cas pour les stocks mondiaux de riz fin 2006.

Première nouveauté : record battu !
2006 bat le triste record de l'année ayant enregistré le plus grand nombre de cas de contamination génétique. L'année dernière, 24 nouveaux « accidents » ont ainsi été recensés. « Voilà qui prouve bien que plus les cultures d'OGM se développent, plus elles contaminent les autres cultures et l'environnement », analyse Arnaud Apoteker, de Greenpeace France.

Le maïs décroche la palme de l'OGM le plus contaminant
Contrairement à une idée reçue, le maïs est désormais une des cultures OGM les plus problématiques. Le maïs transgénique a été impliqué dans cinquante épisodes de contamination, dont 7 pour l'année 2006, ce qui représente plus d'un tiers de tous les accidents recensés depuis dix ans.

« Plus encore que dans les champs, la contamination par le maïs est particulièrement inquiétante au niveau des stocks de semences, détaille Arnaud Apoteker. Ainsi, de plus en plus, des agriculteurs achètent à leur insu des semences contaminées et se retrouvent à cultiver du maïs OGM - et donc à contaminer l'environnement et la chaîne alimentaire - sans le savoir ! » Depuis 1996, des semences contaminées ont été trouvées dans onze pays : l'Autriche, le Chili, la Croatie, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, la Nouvelle Zélande, la Slovénie, la Suisse et les Etats-Unis. Rien que pour 2006, 4 cas de contamination génétique des semences dans quatre pays différents ont été portés au registre.

Et en France ?
La France est particulièrement touchée, car le maïs - en particulier le MON810, un maïs Bt fabriqué par Monsanto - est le seul OGM à y être cultivé. « A défaut d'avoir pu légiférer l'année dernière, en raison de l'opposition des citoyens et de la réticence des députés, le gouvernement a annoncé qu'il allait transposer la directive européenne 2001/18 par décrets, esquivant ainsi les discussions parlementaires sur un sujet d'importance majeure et donnant un blanc seing aux transgéniculteurs, explique Arnaud Apoteker. Il préfère ainsi satisfaire les intérêts mercantiles des semenciers plutôt que d'écouter ses citoyens, dont 86 % réclament une interdiction des OGM. »

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20 février 2007

Peak Oil: 2020, le déclin de l'empire du pétrole

La planète recèle 3 600 milliards de barils de pétrole "non conventionnel" enfouis très profondément ou sous forme de pétroles lourds, indique un rapport du cabinet d'études écossais Wood Mackenzie, publié lundi 13 septembre.

A ce jour, 8 % de ce pétrole non conventionnel est exploité ou en passe de l'être. Seuls 15 % de ces 3 600 barils correspondent à du pétrole lourd à extra-lourd, le reste étant encore plus difficile à exploiter, précise le cabinet d'études de référence en matière d'hydrocarbures. Washington avance une estimation des réserves mondiales "ultimes" de pétrole à 2 275 milliards de barils. Mais un groupe de pétrogéologues indépendants et pessimistes, réunis au sein de l'ASPO, Association pour l'étude du peak oil, table sur seulement 1 750 milliards de barils.

L'étude de Wood Mackenzie souligne que la transition vers les pétroles non conventionnels pourrait devenir nécessaire plus vite que ce qu'affirment en général les experts de l'industrie pétrolière. Bien qu'après 2020, certains champs de pétrole conventionnel majeurs verront encore leur production croître, ces augmentations ne suffiront pas à compenser le déclin des autres principaux champs, précise Wood Mackenzie.

DÉCLIN ANNONCÉ DU PÉTROLE CONVENTIONNEL

Se reposer de plus en plus sur les pétroles non conventionnels nécessite une réorganisation importante de l'industrie énergétique. L'extraction des pétroles extra-lourds requiert de grandes quantités d'eau, de gaz naturel et de solvants : une opération plus chère, polluante et gourmande en énergie que pour les pétroles conventionnels.

Les grandes compagnies occidentales exploitent déjà des roches bitumeuses – un pétrole extra-lourd, notamment au Canada et au Venezuela. Mais le rythme d'investissement dans les pétroles non conventionnels demeure lent. Leur place reste marginale. Dans son rapport de 2005, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) table sur une production de seulement 2 millions de barils par jour (mbj) en 2025. La consommation actuelle tourne autour de 85 mbj.

Selon Wood Mackenzie, " après 2020, il n'est pas certain que le pétrole conventionnel sera capable de répondre à l'augmentation de la demande". Le directeur des études économiques de l'AIE, Fatih Birol, prédisait en septembre 2005 dans les colonnes du Monde que les extractions hors pays de l'OPEP – soit la moitié de la production mondiale – amorceront leur déclin "juste après 2010" .

D'après Fatih Birol, "la Terre contient beaucoup de pétroles non conventionnels (...) mais il est techniquement impossible et écologiquement malsain d'extraire ces pétroles à un rythme élevé". Un précédent rapport de Wood Mackenzie indiquait que la taille moyenne des nouveaux champs pétroliers découverts depuis 1999 n'a jamais été aussi faible depuis le début du XXe siècle.

source: Le Monde

3 février 2007

Changement climatique: les principales conclusions des experts du Giec

Voici les principales conclusions du 4e rapport scientifique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) publié vendredi.

Activité humaine

  • L'essentiel de l'accroissement constaté de la température moyenne de la planète depuis le milieu du 20e siècle est "très vraisemblablement" dû à l'augmentation observée des gaz à effet de serre émis par l'homme (+de 90% de certitude contre 66% en 2001).
  • Le réchauffement général observé de l'atmosphère et de l'océan, ainsi que la diminution de la masse des glaces, étayent la conclusion qu'il est "extrêmement invraisemblable" que le changement climatique mondial des 50 dernières années puisse être expliqué par les seules causes naturelles.
  • Les émissions "passées et futures de CO2 continueront à contribuer au réchauffement et à l'élévation du niveau de la mer pendant plus d'un millénaire", du fait de la durée de vie des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Températures
  • Onze des 12 dernières années figurent au palmarès des 12 années les plus chaudes depuis que l'on dispose d'enregistrements (1850).
  • Le réchauffement s'est accéléré ces dernières années: 0,74 degrés supplémentaires sur les 100 dernières années (1906-2005), contre 0,6 degrés retenus pour la période 1901-2000 dans le précédent rapport publié en 2001.
  • A la fin du siècle, les températures devraient augmenter de +1,8 à 4° par rapport à 1980-1999. Ces "meilleures estimations" sont des valeurs moyennes, au sein d'une fourchette plus large de 1,1 à 6,4 degrés (1,4 à 5,8 degrés dans le précédent rapport de 2001).
  • le réchauffement tend à réduire la capacité d'absorption du dioxyde de carbone (CO2) par les terres et les océans, accroissant d'autant la part des émissions humaines qui restent stationnées dans l'atmosphère.

Océans
  • Les observations depuis 1961 montrent que la température moyenne de l'océan mondial a augmenté jusqu'à une profondeur de 3.000 m et que l'océan a absorbé plus de 80% de la chaleur ajoutée au système climatique.
  • Le réchauffement de l'eau de mer provoque sa dilatation. Le niveau des océans pourrait, selon les scénarios, s'élever de 0,18 m à 0,59 m à la fin du siècle (par rapport à 1980-1999).
  • un réchauffement moyen de 1,9 à 4,6°C par rapport aux valeurs de l'ère pré-industrielle entraînerait la disparition complète de la glace au Groenland, avec pour conséquence une élévation du niveau de la mer d'environ 7 mètres.

Impacts
  • Le réchauffement le plus important est attendu sur les terres émergées et aux latitudes élevées, et le moins important devrait apparaître dans le sud de l'océan indien et dans certaines parties de l'Atlantique nord.
  • Les simulations produisent une diminution de la glace de mer dans l'Arctique comme dans l'Antarctique pour tous les scénarios climatiques. Pour certaines simulations, la glace disparaît presque entièrement en Arctique à la fin de l'été dans la seconde partie du 21e siècle.

Phénomènes extrèmes
  • Il est "très probable" que les chaleurs extrêmes, les vagues de chaleur, et les événements de fortes précipitations continueront à devenir plus fréquents.
  • "Il est "vraisemblable" que les cyclones tropicaux futurs (ainsi que les typhons et ouragans) deviennent plus intenses, avec des vents maximum plus forts et des précipitations plus fortes.
  • Des augmentations des quantités de précipitations sont "très vraisemblables" aux latitudes élevées alors que des diminutions sont vraisemblables dans la plupart des régions émergées subtropicales (jusqu'à environ 20% en 2100 pour le scénario A1B, le plus proche des projections faites par l'Agence internationale de l'énergie).
  • Il est "très vraisemblable" que la circulation thermohaline de l'Atlantique nord (qui inclut le Gulf Stream) ralentira au cours du 21e siècle (- 25% en moyenne selon plusieurs modèles). La température continuera toutefois d'augmenter dans la région Atlantique, à cause de l'impact beaucoup plus important de l'effet de serre.

probable ou vraisemblable: plus de 66% de chances de se réaliser
très probable ou très vraisemblable: plus de 90% de chances de se réaliser
extrêmement invraisemblable: moins de 5% de chances

7 janvier 2007

Enjeux sociaux et concurrence internationale : du dumping social au mieux disant social

Dans un contexte de concurrence internationale accrue, le dumping social apparaît comme un sujet majeur, au plan national, européen et international, en termes de préservation et de renforcement des droits sociaux.

Bien que la nécessité d’intégrer les enjeux sociaux à la problématique de l’ouverture des marchés et à la mondialisation soit désormais largement reconnue, les réponses à apporter sont complexes, au croisement d’enjeux internationaux de long terme et de problématiques locales de court terme.

Pour le Conseil économique et social, il importe de trouver les moyens d’aller vers le mieux-disant social tout en assurant la compétitivité, de mettre en place des outils de régulation économique et sociale permettant de mettre l’Homme au cœur de la mondialisation, d’assurer le respect des droits fondamentaux des travailleurs dans les pays en voie de développement, d’améliorer l’emploi dans les pays développés du point de vue quantitatif et qualitatif.

Les différences de systèmes politiques, économiques et sociaux entre les pays industrialisés et les pays émergents et, par ailleurs, au sein de l’Union européenne entre les pays fondateurs et les nouveaux États membres portent le risque majeur de voir se généraliser des pratiques d’une concurrence considérée comme déloyale dès lors qu’elle utilise ces écarts dans le sens d’un moins-disant social systématique.

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3 novembre 2006

Biodiversité: les espèces pollinisatrices sur le déclin ?

Le National Research Council (NRC) a rendu public, la semaine dernière, son rapport sur l'état des lieux des espèces pollinisatrices en Amérique du nord. Ces espèces, qui incluent des insectes mais aussi des oiseaux, des chiroptères et autres, sont d'une très grande importance pour l'agriculture. En effet une part considérable de la production de fruits et autres végétaux dépend de ces animaux.


Malgré le peu de données disponibles le comité du NRC a pu confirmer une tendance au déclin chez diverses espèces pollinisatrices, qu'elles soient domestiquées ou non (abeille, bourdon, certains papillons et chauve-souris...). Les causes suggérées sont l'introduction de parasites tels que Varroa destructor (un acarien), lors de l'importation d'espèces pollinisatrices, la perte d'habitat et la compétition avec des espèces exotiques telles que l'abeille tueuse.

Le déclin des espèces domestiquées a entraîné une hausse des prix de la location de colonies d'abeilles pour des besoins de pollinisation. Hausse d'autant plus importante que ce déclin s'est accompagné d'une hausse de la demande pour ce type de service (due notamment à la croissance des cultures y ayant recours telles que les amandes en Californie). Les conséquences du déclin des espèces sauvages sont plus difficiles à définir, mais certaines plantes pourraient devenir plus vulnérables face à l'extinction.

Le NRC recommande d'augmenter et d'améliorer les données sur les espèces pollinisatrices domestiquées ou non, notamment en uniformisant les méthodes des Etats-Unis, du Canada et du Mexique. Le rôle indispensable de ces espèces doit être revalorisé auprès du public et la recherche dans le domaine doit s'intensifier. Le NRC évoque notamment les sujets suivants : la domestication de nouvelles espèces pollinisatrices, l'enrichissement de la diversité génétique des stocks d'abeilles et l'identification et le recensement des espèces pollinisatrices. Le comité recommande également que des dispositions soient prises pour protéger ces espèces, telles que la surveillance accrue des importations pour éviter l'introduction de pathogènes et la création d'avantages économiques pour les fermiers utilisant des méthodes protégeant les espèces pollinisatrices.

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