18 octobre 2006

Amiante: le chrysotile échappe à la liste noire des Nations unies

L ’amiante chrysotile ne sera pas inscrit cette année sur la liste des produits dangereux et nocifs dont le commerce est réglementé par la convention de Rotterdam. Le lobby de l’amiante, mené par le Canada, a eu raison de la volonté du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Il faudra désormais attendre 2008 pour que la question soit réexaminée.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’amiante tue 90.000 personnes par an. Le Bureau international du travail souhaite la suppression de toutes les formes d’amiante. Il existe en effet deux grandes catégories de minéraux fibreux que l’on désigne par le terme amiante : les amphiboles (trémolite, actinolite, crocidolite..) et les serpentines, dont le chrysotile est le seul représentant. Les amphiboles ont presque disparu de la circulation, le chrysotile compte pour 94% de la consommation mondiale d’amiante.

Les pays de l’Union européenne, comme d’autres pays occidentaux, ont banni l’amiante, responsable de fibroses pulmonaires, de cancers du poumon et du mésothéliome. En revanche de nombreux pays du Sud continuent à l’utiliser pour la construction.
La convention de Rotterdam protège le pays importateur : elle oblige l’exportateur d’un produit dangereux à obtenir le «consentement préalable en connaissance de cause» de l’importateur avant d’expédier sa cargaison. Entrée en vigueur en 2004, cette convention cherche à protéger les pays en développement.

Le Canada, second pays exportateur d’amiante après la Russie, a de nouveau fait pression pour empêcher l’amiante chrysotile de rejoindre de nombreux pesticides, comme le DDT, et quatre formes d’amiante amphiboles, sur la liste des 39 substances de la convention de Rotterdam. L’industrie de l’amiante fait valoir que le chrysotile est moins dangereux pour la santé que les amphiboles. Cependant, même si le Canada, et notamment la province du Québec, est le premier extracteur minier d’amiante, seule 5% de la production est utilisée localement.

De nombreuses associations, comme Ban Asbestos, ou l'Association nationale des victimes de l'amiante (ANDEVA) en France, estime que cette nouvelle victoire des producteurs d’amiante, obtenue vendredi dernier après plusieurs jours de négociations, est criminelle.


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