11 décembre 2005

Protocole de Kyoto: l'près 2012 toujours sans les Etats Unis


La Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se termine aujourd’hui au Canada. A moins d’un retournement de situation de dernière minute, les Américains ne ratifieront pas d’accord global en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.


A moins d'un coup de théâtre, la Conférence des Nations Unies qui s'achève aujourd'hui à Montréal ne constituera pas une étape décisive dans la lutte internationale contre le réchauffement climatique. Malgré les appels renouvelés du Canada, organisateur du Sommet, et des signataires du Protocole de Kyoto, les Etats-Unis ont jusqu'à présent refusé catégoriquement toute discussion en vue d'un nouveau traité de réduction des gaz à effet de serre. L'objectif de la Conférence réunissant 189 pays est d'établir un accord-cadre pour prolonger le Protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012.

Le «No» des Etats-Unis ne constitue guère une surprise aux yeux des experts. «L'administration Bush continue de suivre à la lettre la logique mise en place depuis 2001», commente Pierre Noël, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI). A savoir: ne pas freiner les émissions de CO 2 pour ne pas limiter la croissance économique et investir massivement dans le développement de nouvelles technologies avec la conviction qu'elles permettront, à terme, de produire des énergies propres.

Montréal, un échec révélateur

Pour le chercheur à l'IFRI, le flop des négociations de Montréal confirme «l'échec» de Kyoto, entré en vigueur en février: «Les pays signataires ne parviennent pas à respecter les limites qu'ils se sont fixées. Et les pays émergents n'ont aucune envie de s'imposer des restrictions, qui pourraient entraver leur croissance économique.» Le nouvel accord «post-2012» vise justement à impliquer plus sérieusement la Chine, l'Inde et le Brésil qui rejettent toujours davantage de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

«Mieux que rien»

Suren Erkman, professeur à la Faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne se montre un peu moins radical: «Si l'on note que les pays sont parvenus à s'asseoir à la même table et à chercher des solutions, le Protocole de Kyoto est remarquable. Mais si on considère que pour stabiliser les émissions de CO2, il faudrait réduire de moitié les rejets des gaz à effet de serre, Kyoto (n.d.l.r.: qui prévoit une réduction de 5%) est anecdotique. Mais c'est mieux que rien.»

Les signataires de Kyoto devraient-ils changer de cap et opter pour le «modèle américain» pour sauver la planète? Suren Erkman: «Il est indispensable d'investir dans la technologie mais on n'échappera pas à une remise en question de notre système économique.»

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